Marine Le Pen chez Arlette Chabot sur France 2: "Arrêtez de dire que nous sommes d'extrême-droite".
Elle a raison: ils sont national-socialistes.
27 avril 2006
Diamond parachute
Pendant que le bon peuple tord sa carte de paiement à la pompe jusqu'au dernier cent pour se rendre à son travail précaire, les firmes pétrolières engrangent des bénéfices records. Même la très capitaliste Amérique s'émeut devant ce qu'elle commence à trouver "indécent". L'ancien patron d'Exxon, celui-là même qui affirmait que "rien ne prouve que l'industrie pétrolière soit pour quelque chose dans l'augmentation de l'effet de serre", a reçu pour cadeau de départ un chèque de... 400 millions de dollars (source: RTL), stock options non compris. Un bel exemple d'une "séparabilité" bien tempérée, qu'apprécieront à sa juste valeur les 2300 ouvriers de Peugeot à Ryton (UK), souvent désignés comme des modèles de flexibilité et priés aujourd'hui de prendre leurs cliques et leurs claques et d'aller flexibiliser ailleurs. Commentaire de ce farceur de Tony Blair (Le Canard, 26/4) : "Il est inévitable que de temps en temps, il y ait des pertes...". Comme chez Exxon?
Croissance = emploi (2) ?
Comme par un fait exprès (voir ci-dessous), Le Soir publie le 25/4, sous le titre bigrement bucolique "Le ciel économique est bleu", le constat de la Banque nationale selon lequel le "moral des entrepreneurs" est au beau fixe. L'expert Vincent Bodart, de l'Institut de Conjoncture de LLN (IRES), n'hésite pas à se jeter à l'eau; tablant sur une croissance économique de 2,8% pour les prochains mois, il affirme que "ce dynamisme devrait se traduire sur le marché de l'emploi". On va enfin pouvoir vérifier la logique de notre économie de croissance. L'IRES prévoit en effet la création de 43.000 emplois avant la fin de l'année, ce qui, au travers d'un savant calcul, donne 11.000 chômeurs de moins fin décembre (je suppose qu'il faut pondérer avec les départs en retraite naturels liés au vieillissement de la population). Mieux: l'Allemagne surferait également sur cette vague prometteuse, ce qui permettra, l'échéance venue, d'élargir l'univers de référence de cette intéressante analyse. Enfin, du concret! Rendez-vous en décembre pour le dénombrement.
23 avril 2006
Croissance = emploi ?
Quand j’entends dire que pour stimuler l’emploi, il faut relancer la croissance, je suis toujours un peu perplexe. Relancer la croissance est une chose ; on ne doute pas que cela puisse avoir une incidence positive sur les bénéfices des entreprises, les dividendes des actionnaires, voire sur la balance commerciale du pays. Mais sur l’emploi, cela reste à démontrer. Qu’on ne vienne pas me dire qu’il suffise que la croissance économique reparte à la hausse pour que soudain, les entreprises engagent à tour de bras. De nombreux exemples montrent que c’est loin d’être automatique. Alors, qui peut me faire une démonstration scientifiquement prouvée que l’emploi est automatiquement relancé par une augmentation de la croissance ? J’attends. Faute d’un résultat probant, il faudra bien se poser quelques questions sur la façon dont nous gérons notre société.
19 avril 2006
Médicaments génériques : l’Inde à l’attaque
Il n’y a pas que l'acier : les laboratoires indiens spécialisés en génériques font main basse sur les labos européens. C’est ainsi que Dr. Reddy’s a raflé la mise en s’offrant l’Allemand Betapharm (4e génériqueur mondial) pour 480 millions de dollars cash, au nez et à la barbe du leader mondial Teva (Israël) et du N°1 indien Ranbaxy. Un autre génériqueur indien, Matrix, avait déjà empoché le pionnier belge Docpharma pour 280 millions de dollars. L’appétit des Indiens semble insatiable, mais attention : Teva, tapi dans l’ombre, n’a pas dit son dernier mot et pourrait bien croquer l’indien Cipla, voire Ranbaxy soi-même. Dans l’arène aux gladiateurs de l’OPA hostile, mieux vaut ne pas avoir le dos tourné : Arcelor, tout à la joie en janvier d’avoir happé le Canadien Dofasco sous le nez de l’Allemand ThyssenKrupp, en sait quelque chose, qui n’a pas vu arriver Mittal. Du coup, ThyssenKrupp, qui a habilement noué un accord avec Mittal, pourrait récupérer Dofasco à vil prix après que Mittal eût avalé Arcelor. Les actionnaires comptent les points et rongent leur frein. Pour le scénario du film, ça s’annonce très serré entre Hollywood, Cinecitta et… Bollywood!
14 avril 2006
Il est venu le temps des PME…
Dans la course actuelle au profit maximum, celui d’actionnaires aux exigences sans commune mesure avec la réalité économique, quelle confiance les entreprises peuvent-elles encore se faire l’une l’autre ?
Je ne veux pas parler des trahisons, des ruptures de contrat unilatérales, de l’espionnage industriel ou des OPA hostiles. Cela fait aujourd’hui partie intégrante du business – c’est moche mais c’est comme ça.
Plus inquiétant est, à mon sens, le fait que la valeur financière l’emporte désormais sur le produit. Autrement dit, le montant des dividendes de l’action compte davantage que la satisfaction du client. Les actionnaires veulent du profit, et vite. Qu’importe si, pour y parvenir, il faut diminuer les coûts de production et, partant, la qualité, le personnel, etc.
Sur base de ce postulat, imaginons que je suis la firme A, qui souhaite acheter des matières premières ou des services chez B. Sachant B astreint à des performances financières très élevées, ai-je encore intérêt à acheter chez B ? Ce que me fournit B ne risque-t-il pas d’affaiblir ma propre offre ? Ne ferais-je pas mieux d’acheter tout cela chez X, Y et Z, qui ne sont pas côtés en Bourse, et dont la direction et les salariés ont comme moteur la qualité du service ou du produit vendu ?
Cette nouvelle donne pourrait donner à réfléchir et, à terme, booster les PME et les microentreprises; elles qui, en général, assurent une production ou un service personnalisé à leurs clients pour un coût nettement inférieur à celui des grosses structures - chez lesquelles le «return on investment» des actionnaires et le «golden parachute» des dirigeants se retrouvent, forcément, sur la facture du client…
Je ne veux pas parler des trahisons, des ruptures de contrat unilatérales, de l’espionnage industriel ou des OPA hostiles. Cela fait aujourd’hui partie intégrante du business – c’est moche mais c’est comme ça.
Plus inquiétant est, à mon sens, le fait que la valeur financière l’emporte désormais sur le produit. Autrement dit, le montant des dividendes de l’action compte davantage que la satisfaction du client. Les actionnaires veulent du profit, et vite. Qu’importe si, pour y parvenir, il faut diminuer les coûts de production et, partant, la qualité, le personnel, etc.
Sur base de ce postulat, imaginons que je suis la firme A, qui souhaite acheter des matières premières ou des services chez B. Sachant B astreint à des performances financières très élevées, ai-je encore intérêt à acheter chez B ? Ce que me fournit B ne risque-t-il pas d’affaiblir ma propre offre ? Ne ferais-je pas mieux d’acheter tout cela chez X, Y et Z, qui ne sont pas côtés en Bourse, et dont la direction et les salariés ont comme moteur la qualité du service ou du produit vendu ?
Cette nouvelle donne pourrait donner à réfléchir et, à terme, booster les PME et les microentreprises; elles qui, en général, assurent une production ou un service personnalisé à leurs clients pour un coût nettement inférieur à celui des grosses structures - chez lesquelles le «return on investment» des actionnaires et le «golden parachute» des dirigeants se retrouvent, forcément, sur la facture du client…
04 avril 2006
Vive la liberté d'informer
Entrefilet dans l'édition du 3 avril de Libé, page 20: "Canal+ suspend ses publicités dans l'Equipe". Pourquoi? Parce que le quotidien sportif a osé publier un reportage sur les turpitudes du PSG, dont C+ est propriétaire et principal sponsor. A part ça, la liberté d'informer est totale dans nos contrées et toute suspicion de tentative d'intimidation de la part du monde économique sur la presse, notamment par le chantage à la publicité, relève du fantasme paranoïaque. Qui en doutait?
01 avril 2006
Bonne nouvelle pour les malades!
En ce week-end de Télévie (en Belgique) et de Sidaction (en France), le scoop mérite d’être ébruité : un grand labo pharmaceutique américano-européen s’apprête à lancer LE vaccin qu’attendent des dizaines de millions de gens. Un exploit scientifique à n’en point douter, lequel pourrait valoir – qui sait ? le Nobel à ses concepteurs. J’entends déjà la multitude des malades se déboucher les oreilles et se pincer pour ne pas rêver. « The big disease with a little name » (dixit Prince) enfin vaincue... Les 30 millions d’Africains promis à une mort inéluctable dans les 10 prochaines années peuvent entrevoir une lueur d’espoir et se dire qu’après avoir servi de cobayes aux apprentis sorciers du médicament, ils vont enfin pouvoir en récolter quelques avantages.
Poisson d’avril !
Le vaccin en question concerne la forme humaine de la grippe aviaire. Une vraie priorité : déjà 100 morts dans le monde en 5 ans. Et des ventes mirobolantes assurées grâce à une formidable campagne de sensibilisation orchestrée par les médias. Autres grands bénéficiaires : les industriels de la volaille (22 poulets au mètre carré) dont le chiffre d’affaires est en chute libre et qui vont pouvoir enfin réassortir les linéaires de leurs zoziaux gavés de farine de poisson et d’antibiotiques (plusieurs dizaines de tonnes par an en France, sur 1300 tonnes annuelles à usage vétérinaire). Cette filière aviaire qui fournit, subséquemment, de gros clients à l’industrie pharmaceutique, mais ceci n’a évidemment rien à voir.
Désolé pour ceux qui ont cru un instant que le grand jour était arrivé. Pour le dindon, le poisson est souvent une mauvaise farce.
Poisson d’avril !
Le vaccin en question concerne la forme humaine de la grippe aviaire. Une vraie priorité : déjà 100 morts dans le monde en 5 ans. Et des ventes mirobolantes assurées grâce à une formidable campagne de sensibilisation orchestrée par les médias. Autres grands bénéficiaires : les industriels de la volaille (22 poulets au mètre carré) dont le chiffre d’affaires est en chute libre et qui vont pouvoir enfin réassortir les linéaires de leurs zoziaux gavés de farine de poisson et d’antibiotiques (plusieurs dizaines de tonnes par an en France, sur 1300 tonnes annuelles à usage vétérinaire). Cette filière aviaire qui fournit, subséquemment, de gros clients à l’industrie pharmaceutique, mais ceci n’a évidemment rien à voir.
Désolé pour ceux qui ont cru un instant que le grand jour était arrivé. Pour le dindon, le poisson est souvent une mauvaise farce.
31 mars 2006
Espérance de vie
Ce qui est bien avec « Le Canard Enchaîné », c’est qu’on en a pour son argent. Ainsi je tombe, in extremis, sur un article de l’excellent Jean-Luc Porquet qui m’avait échappé dans le numéro du 22 mars 2006, sous le titre « Faire ou ne pas faire de vieux os ». Cela concerne un livre d’un certain Claude Aubert, intitulé « Espérance de vie, la fin des illusions » (Terre Vivante). Ce qui est moins bien avec « Le Canard », c’est qu’ils n’ont pas d’édition en ligne et que je vais donc devoir recopier cet article in extenso. Mais que ne ferais-je pas pour vous ?... et surtout, pour souligner comme il se doit cet aspect d’un progrès présenté comme mathématique et qui porte, en fait, les germes de sa propre annulation… Mais lisez plutôt :
« Chaque année depuis plus d’un siècle nous gagnons deux à trois mois d’expérance de vie (77 ans pour les hommes et 84 ans pour les femmes aujourd’hui). Et ça ne devrait pas s’arrêter de sitôt : en 2090, les démographes de l’INED nous le promettent, nous autres Français ne nous permettrons de trépasser qu’à 90 ans. Génial, non ?
Claude Aubert ne partage pas ce rêve. Ingénieur agronome, pionnier de l’agriculture biologique, il pense qu’il est erroné de prolonger la courbe ascendante, et l’affirme dans ce livre iconoclaste : si nous continuons ainsi, nous vivrons moins longtemps que nos parents. Sans effets de manches ni stridences, il note que nous sommes au croisement de deux courbes : celle, descendante, de la mortalité infantile, des morts par maladies infectieuses et cardio-vasculaires ; et celle, ascendante, de la mortalité due aux pathologies induites par le mode de vie moderne. L’espérance de vie, remarque-t-il, dépend dans une large mesure des conditions du développement du fœtus et du très jeune enfant. Or, la longévité qu’on observe aujourd’hui concerne des personnes nées dans le premier tiers du XXe siècle, à une époque où "le tabagisme était beaucoup moins répandu qu’aujourd’hui, inexistant chez les femmes, l’obésité exceptionnelle, et la pollution chimique, limitée aux sites industriels, ne concernait qu’une petite fraction de la population". Aujourd’hui, c’est le contraire.
Le tabagisme : la lutte a beau être engagée, c’est maintenant que les fumeurs paient l’addition, et nous sommes en route vers les 160.000 morts par an (en France, ndlr). L’obésité : due à la malbouffe, la télé et la sédentarité, elle est devenue un vrai fléau, qui fait notamment exploser le nombre de diabètes mortels. La chimie : les enfants sont le cible privilégiée des molécules chimiques balancées dans l’environnement ; c’est dans leur sang ou leur urine que l’on trouve par exemple les quantités les plus élevées de retardateurs de flammes, de bisphénol A et de muscs artificiels (parmi les 200 polluants chimiques retrouvés dans leur corps), et seuls les naïfs s’imaginent qu’il n’en résulterait aucun impact sanitaire à long terme.
Pour conclure, Aubert annonce que nous entrons dans un monde de malades chroniques (déjà 15 millions de Français !), et après avoir distribué quelques conseils de base dit qu’il aimerait se tromper. Nous aussi… »
Voilà ; si vous avez tablé sur 99 ans de vie dans votre plan de carrière, passez vite un check up et refaites vos calculs.
« Chaque année depuis plus d’un siècle nous gagnons deux à trois mois d’expérance de vie (77 ans pour les hommes et 84 ans pour les femmes aujourd’hui). Et ça ne devrait pas s’arrêter de sitôt : en 2090, les démographes de l’INED nous le promettent, nous autres Français ne nous permettrons de trépasser qu’à 90 ans. Génial, non ?
Claude Aubert ne partage pas ce rêve. Ingénieur agronome, pionnier de l’agriculture biologique, il pense qu’il est erroné de prolonger la courbe ascendante, et l’affirme dans ce livre iconoclaste : si nous continuons ainsi, nous vivrons moins longtemps que nos parents. Sans effets de manches ni stridences, il note que nous sommes au croisement de deux courbes : celle, descendante, de la mortalité infantile, des morts par maladies infectieuses et cardio-vasculaires ; et celle, ascendante, de la mortalité due aux pathologies induites par le mode de vie moderne. L’espérance de vie, remarque-t-il, dépend dans une large mesure des conditions du développement du fœtus et du très jeune enfant. Or, la longévité qu’on observe aujourd’hui concerne des personnes nées dans le premier tiers du XXe siècle, à une époque où "le tabagisme était beaucoup moins répandu qu’aujourd’hui, inexistant chez les femmes, l’obésité exceptionnelle, et la pollution chimique, limitée aux sites industriels, ne concernait qu’une petite fraction de la population". Aujourd’hui, c’est le contraire.
Le tabagisme : la lutte a beau être engagée, c’est maintenant que les fumeurs paient l’addition, et nous sommes en route vers les 160.000 morts par an (en France, ndlr). L’obésité : due à la malbouffe, la télé et la sédentarité, elle est devenue un vrai fléau, qui fait notamment exploser le nombre de diabètes mortels. La chimie : les enfants sont le cible privilégiée des molécules chimiques balancées dans l’environnement ; c’est dans leur sang ou leur urine que l’on trouve par exemple les quantités les plus élevées de retardateurs de flammes, de bisphénol A et de muscs artificiels (parmi les 200 polluants chimiques retrouvés dans leur corps), et seuls les naïfs s’imaginent qu’il n’en résulterait aucun impact sanitaire à long terme.
Pour conclure, Aubert annonce que nous entrons dans un monde de malades chroniques (déjà 15 millions de Français !), et après avoir distribué quelques conseils de base dit qu’il aimerait se tromper. Nous aussi… »
Voilà ; si vous avez tablé sur 99 ans de vie dans votre plan de carrière, passez vite un check up et refaites vos calculs.
24 mars 2006
OGM : de gré ou de force.
La discussion (?) qui se déroule actuellement en France sur la levée du moratoire sur les OGM a au moins ce mérite : elle démontre la stratégie de harcèlement (on ne peut même plus parler de lobbying) menée par les semenciers pour parvenir à obtenir ce que tous les démocrates affirment depuis toujours non négociable: le brevet sur le vivant. Pour avoir moi-même assisté à un « colloque » chez l’un d’entre eux, et entendu les discours des scientifiques qui leur servent de caution, je peux vous certifier qu’on a affaire à des pros qui ne sont pas près de lâcher le bout de gras (un sacré but de gras). Habiles, les multinationales de la graine privée ont placé le débat sur l’innocuité des OGM, qu’elles se font fort de démontrer (en ne publiant que les études qui les arrangent et en plaçant celles qui les dérangent sous le sceau du « secret industriel », notamment celle qui démontre une altération de la composition sanguine chez le rat nourri au maïs transgénique). Alors que le vrai débat est évidemment ailleurs : à quoi servent les OGM, sinon à enrichir au-delà de toute raison et ad vitam aeternam une poignée d’entreprises sans scrupule ? A rien. En tout cas, rien qui n’ait été démontré et qui soit effectivement utile à l’homme dans sa lutte contre la faim. Je ne vais pas vous fatiguer avec une longue démonstration : ce qu’en dit G.-E. Séralini, expert en OGM pour le gouvernement français et l’UE (Libé, 21/3) en atteste à suffisance: « Après 10 ans d’existence, ils nourrissent les vaches des pays riches, pas les enfants des pays pauvres ». Quant au législateur, il se moque ouvertement du monde : tolérer (au nom de la dissémination « fortuite ») 0,9% d’OGM dans les produits labellisés « bio » est une scandaleuse pantalonnade, une de plus en la matière, et qui vise, selon les termes de Jean-Pierre Berlan, directeur des recherches de l’Institut National de Recherche Agronomique (peu suspect d’agit’prop’), à « euthanasier l’agriculture biologique, dont le seul tort est d’utiliser la gratuité de la nature plutôt que les pétro-impétrants ruineux pour les humains, les sols, l’eau, bref, notre milieu de vie. » (Le Canard enchaîné, 22/3).
Un marché captif de 6,5 milliards de consommateurs, quel industriel n’en rêverait ? Les élus de nos nations sont en train de l’offrir sur un plateau, aides financières à l’appui, notamment à Monsanto, génial inventeur du napalm (qui n’a laissé que de bons souvenirs au Vietnam) et à Bayer qui, au sein du consortium IG Farben, a mis au point le célèbre et hilarant gaz Zyklon B qui a démontré toute son efficacité à Auschwitz et Birkenau. Encore bravo, et surtout merci.
Un marché captif de 6,5 milliards de consommateurs, quel industriel n’en rêverait ? Les élus de nos nations sont en train de l’offrir sur un plateau, aides financières à l’appui, notamment à Monsanto, génial inventeur du napalm (qui n’a laissé que de bons souvenirs au Vietnam) et à Bayer qui, au sein du consortium IG Farben, a mis au point le célèbre et hilarant gaz Zyklon B qui a démontré toute son efficacité à Auschwitz et Birkenau. Encore bravo, et surtout merci.
08 mars 2006
Grippe aviaire: le verso de l'info
Selon l'ONG "Grain", l'origine de l'épizootie du H5N1 ne fait pas de mystère, mais la réalité ne plaît guère aux lobbies de l'agro-alimentaire:
"Ce n'est pas la volaille de basse-cour ou la volaille élevée en plein air qui alimente la vague actuelle de cas de grippe aviaire sévissant dans plusieurs endroits du monde.
La souche mortelle H5N1 de la grippe aviaire est essentiellement un problème de pratiques d'élevage de volaille industrielles. Son épicentre se trouve dans les fermes d'élevage industriel de Chine et d'Asie du sud-est et -- alors que les oiseaux sauvages peuvent transporter la maladie, au moins sur de courtes distances -- son vecteur principal est l'industrie avicole multinationale extrêmement automatisée qui envoie ses produits et les déchets de ses élevages autour du monde par une multitude de canaux.
Les petits éleveurs de volaille et la diversité biologique ainsi que la sécurité alimentaire locale qu'ils soutiennent souffrent pourtant sévèrement des retombées de cette crise. Et, pour aggraver les choses, les gouvernements et les organismes internationaux, suivant les hypothèses éronnées sur la manière dont la maladie se répand et s'amplifie, continuent à prendre des mesures pour imposer le confinement et poussent à industrialiser davantage le secteur avicole. Dans la pratique, ceci signifie la fin de l'aviculture à petite échelle qui fournit la nourriture et les moyens d'existence à des centaines de millions de familles à travers le monde.
Cet article apporte une nouvelle perspective sur l'histoire de la grippe aviaire qui conteste les hypothèses actuelles et remet les projecteurs là où ils devraient être : sur l'industrie multinationale de la volaille."
Voir les infos sur http://www.grain.org/front/
"Ce n'est pas la volaille de basse-cour ou la volaille élevée en plein air qui alimente la vague actuelle de cas de grippe aviaire sévissant dans plusieurs endroits du monde.
La souche mortelle H5N1 de la grippe aviaire est essentiellement un problème de pratiques d'élevage de volaille industrielles. Son épicentre se trouve dans les fermes d'élevage industriel de Chine et d'Asie du sud-est et -- alors que les oiseaux sauvages peuvent transporter la maladie, au moins sur de courtes distances -- son vecteur principal est l'industrie avicole multinationale extrêmement automatisée qui envoie ses produits et les déchets de ses élevages autour du monde par une multitude de canaux.
Les petits éleveurs de volaille et la diversité biologique ainsi que la sécurité alimentaire locale qu'ils soutiennent souffrent pourtant sévèrement des retombées de cette crise. Et, pour aggraver les choses, les gouvernements et les organismes internationaux, suivant les hypothèses éronnées sur la manière dont la maladie se répand et s'amplifie, continuent à prendre des mesures pour imposer le confinement et poussent à industrialiser davantage le secteur avicole. Dans la pratique, ceci signifie la fin de l'aviculture à petite échelle qui fournit la nourriture et les moyens d'existence à des centaines de millions de familles à travers le monde.
Cet article apporte une nouvelle perspective sur l'histoire de la grippe aviaire qui conteste les hypothèses actuelles et remet les projecteurs là où ils devraient être : sur l'industrie multinationale de la volaille."
Voir les infos sur http://www.grain.org/front/
Colloque pour un monde meilleur
Le premier colloque du Collège de France à l'étranger a lieu ces 7 et 8 mars à Bruxelles, sur le thème: "Un monde meilleur pour tous : projet réaliste ou insensé ?" Une brochette de scientifiques et d'acteurs économiques se penche sur la notion de progrès et de recherche utile au bien-être humain. Co-animé par l'ULB et l'UCL. Public admis. On attend les actes du colloque, puis les actes posés par les... acteurs.
01 mars 2006
L'armée US blanchit Halliburton
Malgré une enquête menée par le Pentagone sur les surfacturations, par une filiale d'Halliburton, de ses services à l'armée US en Irak, sur fond de corruption, l'US Army a décidé de payer à l'ancienne société du vice-président Dick Cheney plus de 96% des sommes faisant l'objet du litige. Une paille de 250 millions de dollars, qui vient s'ajouter aux 2,4 milliards de dollars du contrat initial attribué en 2003 à KBR, sans appel d'offres, pour la remise en état de l'exploitation pétrolière en Irak. Au total, Halliburton et ses filiales ont empoché la moitié des montants investis dans le pétrole depuis l'invasion de l'Irak, soit 11 milliards de dollars. Le Pentagone fait un peu la tête, ainsi que le contribuable américain, prié de payer la note. Voir http://www.wsws.org/articles/2006/mar2006/hall-m01.shtml
500 millions contre la grippe aviaire
La Banque mondiale a annoncé lundi avoir libéré une enveloppe de 500 millions de dollars pour l'aide à la lutte contre la grippe avaire dans les pays les plus démunis. Premiers bénéficiaires: le Nigéria et le Kirghyzstan (50 millions chacun) puis sans doute le Niger. Reste à savoir sous quelle forme cette aide sera matérialisée et à quelles conditions.
25 février 2006
La peur du plombier polonais plombe-t-elle l'enseignement?
Les chants de victoire de ceux qui, hier encore, vilipendaient la directive Bolkestein, laissent à penser que tout est pour le mieux dans la libre circulation des services. C'est que les opposants à cette directive, les Français surtout, ont mis en avant le "principe du pays d'origine", stigmatisé par le raccourci du "plombier polonais", au lieu de souligner où se trouve le vrai problème de cette directive: l'ouverture à la concurrence des services d'intérêt général. Exit donc le principe du pays d'origine, et sauvegardés les services publics tels que la santé et les transports. Le prix à payer est l'abandon à la libre concurrence et au privé de deux secteurs d'intérêt général fondamentaux: l'eau et l'éducation. En s'appuiant sur les réglementations conjointes (et parfois contradictoires) de l'OMC et de la directive Bolkestein nouvelle mouture, les écoles privées de tous les pays européens vont pouvoir ouvrir des succursales n'importe où dans l'UE et pourquoi pas contester, à terme, le financement par l'Etat des écoles "officielles" en tant que concurrence déloyale au nom des principes de libre-concurrence édictés par l'OMC. Il n'est pas certain que la marchandisation de l'enseignement soit un progrès pour l'humanité, dans la mesure où elle risque de confiner les plus pauvres dans un enseignement officiel exsangue alors que seuls les mieux nantis auront accès à une école disposant des moyens de leurs ambitions. Tant qu'elle sera profitable, bien sûr. Sinon... Sinon quoi au juste?
23 février 2006
Frontières US privatisées?
Le Department of Homeland Security (DHS) des Etats-Unis s'apprêterait, selon "Intelligence Online", à lancer un appel d'offres pour la construction et la gestion d'un système intégré de surveillance des frontières. Ce système fera appel à l'imagerie satellite et à des senseurs, ainsi qu'à des équipes de sol. Le déployement du système est prévu pour 2007, bien qu'à ce jour, les différents projets successifs visant à la surveillance des frontières par le DHS se sont tous soldés par des échecs.
Finalement, un douanier bien armé, en 4X4 et avec un gros molosse derrière un mur (comme à Tijuana), on fait pas mieux.
Finalement, un douanier bien armé, en 4X4 et avec un gros molosse derrière un mur (comme à Tijuana), on fait pas mieux.
21 février 2006
Marcinkus meurt avec ses secrets
L'archevêque américain Paul Marcinkus, impliqué dans l'un des plus grands scandales financiers du Vatican, est décédé mardi à l'âge de 84 ans à Phoenix (Arizona), a annoncé l'agence italienne Ansa citant le diocèse de Phoenix.
Paul Marcinkus était le grand manitou des finances vaticanes du temps de Paul VI. Notoirement lié à la mafia, proche du patron du Banco Ambrosiano et de la loge pseudo-maçonnique P2 Licio Gelli, il fut écarté à la suite de la banqueroute frauduleuse d'Ambrosiano (dont la banque du Vatican, l'IOR, était le principal actionnaire), épisode qui coûta la vie à Roberto Calvi, retrouvé "suicidé" sous le pont de Blackfriars à Londres. Il faut relire à ce sujet le livre de David Yallop "Au Nom de Dieu", qui retrace l'histoire des 30 jours de règne de Jean-Paul Ier et surtout sa mort subite après qu'il eût annoncé vouloir nettoyer les écuries d'Augias de la sainte finance. L'une des meilleures enquêtes journalistiques des 30 dernières années.
Paul Marcinkus était le grand manitou des finances vaticanes du temps de Paul VI. Notoirement lié à la mafia, proche du patron du Banco Ambrosiano et de la loge pseudo-maçonnique P2 Licio Gelli, il fut écarté à la suite de la banqueroute frauduleuse d'Ambrosiano (dont la banque du Vatican, l'IOR, était le principal actionnaire), épisode qui coûta la vie à Roberto Calvi, retrouvé "suicidé" sous le pont de Blackfriars à Londres. Il faut relire à ce sujet le livre de David Yallop "Au Nom de Dieu", qui retrace l'histoire des 30 jours de règne de Jean-Paul Ier et surtout sa mort subite après qu'il eût annoncé vouloir nettoyer les écuries d'Augias de la sainte finance. L'une des meilleures enquêtes journalistiques des 30 dernières années.
Nier le négationnisme?
C'est Courrier International qui rapporte cette info aujourd'hui: "L'historien britannique David Irving a été condamné lundi 20 février à trois ans d'emprisonnement pour avoir nié la réalité de l'extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Une sanction exemplaire, selon une partie de la presse européenne. Mais des journaux s'interrogent aussi sur la limite donnée à la liberté d'expression, si ardemment défendue dans l'affaire des caricatures de Mahomet." Voltaire avait une sentence toute faite pour résoudre ce genre de cas de conscience: "pas de liberté pour les ennemis de la liberté". Notons que le négationnisme est punissable par la loi, ce qui n'est pas encore le cas de la caricature.
Voir article: http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=60238&provenance=accueil&bloc=01
Voir article: http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=60238&provenance=accueil&bloc=01
17 février 2006
Pure fiction : Et si le Clémenceau coulait ?
Une petite fiction qui arrangerait tout le monde (sauf les poissons, les pingouins et les écologistes): contraint de revenir de l'océan Indien où il traîne sa carcasse truffée d'amiante cancérigène, le toujours redoutable Clémenceau voit s'alourdir la facture de ses errances de jour en jour. Le convoyage de retour (vers Brest qui n'en veut pas) couterait 1 million d'euros. La marine française a déjà déclaré ne pas vouloir payer une deuxième fois le passage du canal de Suez, trop onéreux (et illégal selon Greenpeace, vu l'état du rafiot).
Après avoir longé l’Afrique, le Clemenceau rejoindra donc l’Atlantique en passant au large du cap de Bonne Espérance, non sans avoir auparavant effectué une escale dans les îles Crozet, à l’extrême sud de l’océan Indien. Un endroit bien connu pour ses redoutables tempêtes et ses icebergs qui n'auraient aucune peine à faire chavirer l'épave tractée. Un nouveau drame de la mer qui réglerait définitivement le problème de ce déchet flottant. Si par hasard, il parvenait à rallier la rade de Brest, il reste encore une "chance" de le voir sauter sur l'une des vieilles mines allemandes qui gisent encore ça et là. Une éventualité que n'exclut pas l'Etat-major
français par la voix de l'amiral Cormoran (ça ne s'invente pas) qui qualifie cette perspective de "tragique". On est prié de le croire sur parole et surtout, si l'on habite Brest, de partir en vacances assez longtemps. Pourquoi pas à Toulon?
Après avoir longé l’Afrique, le Clemenceau rejoindra donc l’Atlantique en passant au large du cap de Bonne Espérance, non sans avoir auparavant effectué une escale dans les îles Crozet, à l’extrême sud de l’océan Indien. Un endroit bien connu pour ses redoutables tempêtes et ses icebergs qui n'auraient aucune peine à faire chavirer l'épave tractée. Un nouveau drame de la mer qui réglerait définitivement le problème de ce déchet flottant. Si par hasard, il parvenait à rallier la rade de Brest, il reste encore une "chance" de le voir sauter sur l'une des vieilles mines allemandes qui gisent encore ça et là. Une éventualité que n'exclut pas l'Etat-major
français par la voix de l'amiral Cormoran (ça ne s'invente pas) qui qualifie cette perspective de "tragique". On est prié de le croire sur parole et surtout, si l'on habite Brest, de partir en vacances assez longtemps. Pourquoi pas à Toulon?
Le coup du chinois
Oyez bonnes gens, vous qui avez tous, sans doute, éprouvé ce qu'on appelle "le coup du chinois": une grosse faim une heure après avoir quitté la table du resto asiatique où l'on a englouti le menu 4 services. On met cela sur le compte de la légèreté de cette cuisine toute en nuances et son riz, symbole de l'alimentation des peuples affamés. Mais voilà: des chercheurs de l'université de Madrid viennent de découvrir que le glutamate monosodique, exhausteur de goût généreusement utilisé non seulement par les cuisiniers chinois mais aussi massivement par l'industrie agroalimentaire, augmente la sensation de faim chez les rats. Et pas qu'un peu: de 40%! Pourquoi se gêner? Le E621 (c'est son petit nom) est considéré comme inoffensif et aucune dose limite n'est imposée. Ce qui explique aussi, si l'on veut en revenir au resto chinois, certains bourdonnements de tête dès après la crème de nids d'hirondelles... En extrapolant les résultat de l'étude madrilène chez l'homme, les scientifiques s'inquiètent de l'utilisation croissante de E621 dans les aliments industriels qui pourrait, selon eux, jouer un rôle dans l'obésité galopante. Une hypothèse qui, fait subtilement remarquer "Le Canard enchaîné" (8/2/06), "mettrait l'industrie alimentaire dans la situation des cigarettiers, accusés d'avoir farci leur tabac d'ammoniaque pour rendre encore plus accros les fumeurs". Merci du tuyau!
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