Quel point commun y a-t-il entre Cocteau, Dali, Picasso, Chagall, Warhol, Miro, Alechinsky et, disons, le prince Charles d’Angleterre ? Si si, il y en a un… Charlie, à ses moments perdus, commet de modestes aquarelles dont l’une vient d’être choisie pour illustrer l’étiquette du millésime 2004 du célébrissime cru bordelais « Château Mouton-Rothschild ». Et ce, en échange de 10 caisses du précieux nectar. Pour rappel, la tradition veut que chaque année depuis 100 ans, cette prestigieuse étiquette soit illustrée par un artiste renommé.
« Ventre affamé n’a pas d’oreilles », dit le proverbe. On peut dès lors proposer comme variante : « gosier assoiffé à de grandes oreilles » ! Mais a-t-il une "patte" ?
26 février 2007
13 janvier 2007
Monsieur le Premier ministre
A l'occasion du Salon de l'auto, vous avez appelé à soulager le trafic automobile et à "faire sauter les bouchons".
En tant que journaliste indépendant ayant rédigé pour "Le Soir" une encyclopédie du développement durable (à télécharger sur http://www.bizzline.com/fr/astuces_detail.php), j'ai trois idées à vous soumettre, déjà évoquées dans mon ouvrage.
1. Chacun sait cela: l'offre de transports en commun est largement insuffisante dans toutes les grandes villes belges. Il n'existe pas de réseau suburbain connecté à des parkings de dissuasion. Nous savons qu'un RER est en voie de réalisation, mais s'il ne s'accompagne pas d'une politique volontariste de parkings à proximité desgares et une offre de transports urbains et transurbains renforcée, cela ne fera que déplacer le problème.
2. On voit clairement qu'aux heures de pointe, il y a une surcharge énorme de camions en transit qui bloquent les "rings", tant à Bruxelles qu'à Anvers ou à Gand. La solution est simple: mettre des navette ferroviaires obligatoires à la disposition des poids lourds en transit, une trentaine de km avant l'entrée des villes. Par exemple, l'axe E411 > Ring de BXL vers Zaventem est bouché tous les matins de 7h à 9h30 (dans le meilleur des cas).
Il ne serait pas compliqué de dévier les camions vers la gare de Wavre, où ils seraient chargés sur des wagons ad hoc, soit à destination de Malines/Mechelen, soit de Ekeren ou Merchtem, afin d'éviter les rings de Bruxelles et d'Anvers.
La même chose peut être organisée depuis la E19 via la ligne 26, voire le contournement de BXL par Cureghem, etc. et au départ de Louvain pour le trafic venant de la E40.
3. Limiter l'accès à la ville (par exemple, les 19 communes de BXL) aux petites voitures non polluantes, de 1,4 cc maximum pour l'essence et de 1,7 cc max. pour les diesel.
Trois mesures concrètes, faciles à mettre en oeuvre et dont le Bureau fédéral du Plan pourrait aisément calculer et mettre en balance le coût et les économies réalisées en termes de temps, d'énergie, de CO2, de place, etc...
Je vous souhaite bonne réception de la présente et vous prie d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de ma plus haute considération.
Yves Kengen
En tant que journaliste indépendant ayant rédigé pour "Le Soir" une encyclopédie du développement durable (à télécharger sur http://www.bizzline.com/fr/astuces_detail.php), j'ai trois idées à vous soumettre, déjà évoquées dans mon ouvrage.
1. Chacun sait cela: l'offre de transports en commun est largement insuffisante dans toutes les grandes villes belges. Il n'existe pas de réseau suburbain connecté à des parkings de dissuasion. Nous savons qu'un RER est en voie de réalisation, mais s'il ne s'accompagne pas d'une politique volontariste de parkings à proximité desgares et une offre de transports urbains et transurbains renforcée, cela ne fera que déplacer le problème.
2. On voit clairement qu'aux heures de pointe, il y a une surcharge énorme de camions en transit qui bloquent les "rings", tant à Bruxelles qu'à Anvers ou à Gand. La solution est simple: mettre des navette ferroviaires obligatoires à la disposition des poids lourds en transit, une trentaine de km avant l'entrée des villes. Par exemple, l'axe E411 > Ring de BXL vers Zaventem est bouché tous les matins de 7h à 9h30 (dans le meilleur des cas).
Il ne serait pas compliqué de dévier les camions vers la gare de Wavre, où ils seraient chargés sur des wagons ad hoc, soit à destination de Malines/Mechelen, soit de Ekeren ou Merchtem, afin d'éviter les rings de Bruxelles et d'Anvers.
La même chose peut être organisée depuis la E19 via la ligne 26, voire le contournement de BXL par Cureghem, etc. et au départ de Louvain pour le trafic venant de la E40.
3. Limiter l'accès à la ville (par exemple, les 19 communes de BXL) aux petites voitures non polluantes, de 1,4 cc maximum pour l'essence et de 1,7 cc max. pour les diesel.
Trois mesures concrètes, faciles à mettre en oeuvre et dont le Bureau fédéral du Plan pourrait aisément calculer et mettre en balance le coût et les économies réalisées en termes de temps, d'énergie, de CO2, de place, etc...
Je vous souhaite bonne réception de la présente et vous prie d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de ma plus haute considération.
Yves Kengen
24 novembre 2006
Volkswagen : pensez à l’action !
Klaus Volkert, l’ancien président du comité d’entreprise de VW qui a reçu 1,9 million d’euros (en black) de la direction des ressources humaines pour « maintenir la paix sociale » dans l’entreprise, peut se vanter d’avoir fait fort à Bruxelles. Certes, son pot-de-vin ne représente que, grosso modo, la valeur d’un an de salaire de 80 ouvriers de Forest. Certes, Volkert aura tout le loisir de méditer en prison sur la morale de l’histoire. Quant aux (encore) ouvriers et employés de VW à Forest, qu’ils ne s’en fassent pas pour leur marque favorite, créée par Hitler et Ferdinand Porsche en 1933 - pour des questions d’égalité sociale (déjà) (1). Elle se porte bien, avec un chiffre d’affaires de quelque 50 milliards d’euros et un bénéfice consolidé de l’ordre de 20 milliards (source : Transnationale.org).
Il ne leur reste plus qu’à investir leurs indemnités de licenciement dans l’action VW, qui va sûrement remonter en flèche ; pour autant qu’ils ne soient pas trop regardants sur l’éthique : selon Transnationale.org, en général très bien informé, la «voiture du peuple» ne crache pas sur les sociétés offshore, la petite criminalité financière, la corruption et les entorses au code du travail de l’OIT. Dans des proportions relativement médiocres il est vrai, qui la laissent loin derrière les champions de ce genre de sport (comme son compatriote Siemens, par exemple). Des broutilles, donc : ce qui compte, finalement, c’est le revenu de l’action. Le reste, c’est du blabla de syndicaliste.
(1) Porsche est toujours actionnaire de VW à 25%. On sait ce que fidélité veut dire !
http://www.transnationale.org
Il ne leur reste plus qu’à investir leurs indemnités de licenciement dans l’action VW, qui va sûrement remonter en flèche ; pour autant qu’ils ne soient pas trop regardants sur l’éthique : selon Transnationale.org, en général très bien informé, la «voiture du peuple» ne crache pas sur les sociétés offshore, la petite criminalité financière, la corruption et les entorses au code du travail de l’OIT. Dans des proportions relativement médiocres il est vrai, qui la laissent loin derrière les champions de ce genre de sport (comme son compatriote Siemens, par exemple). Des broutilles, donc : ce qui compte, finalement, c’est le revenu de l’action. Le reste, c’est du blabla de syndicaliste.
(1) Porsche est toujours actionnaire de VW à 25%. On sait ce que fidélité veut dire !
http://www.transnationale.org
03 novembre 2006
L’Afrique s’enrichit ! Et vous ne le saviez pas ?
Dans un communiqué de presse diffusé le 30 octobre, la Banque mondiale se félicite des progrès accomplis par un certain nombre de pays africains ; l’Institution envisage même d’atteindre, dans ces pays, le premier des fameux Objectifs du Millénaire (1), qui vise à réduire de moitié la pauvreté d’ici à 2010. Et de mettre en avant les moteurs de ce progrès spectaculaire : une meilleure santé, un enseignement de meilleure qualité, une bonne croissance économique et la réduction de la pauvreté par le développement du commerce. Ça ne coûte rien de le dire, mais on connaît le mécanisme: des investissements massifs dans le commerce agricole d’exportation destiné au marché mondialisé, soutenus par la Banque mondiale; précisons, pour ceux qui l’ignorent encore, que l’octroi des subventions est soumis à quelques conditions, généralement liées à l’allégement des charges de l’Etat, notamment sociales et environnementales. La Banque Mondiale, dans son récent rapport «Doing Business 2007», dresse une liste des pays dans lesquels elle conseille aux entreprises d’investir. Question : selon quels critères ? Les mieux classés sont-ils ceux qui disposent de la main d’œuvre la mieux qualifiée, du meilleur réseau de transport, les meilleures matières premières, de la logistique la plus développée ? Réponse : pas du tout. Les mieux classés sont ceux dont les lois et les coûts sociaux sont les moins contraignants, voire inexistants (2). Comme le rappelle l’historien et politologue belge Eric Toussaint dans son ouvrage «La Finance contre les peuples» (CADTM/Syllepse/Cetim, 2004), il s’agit d’être lucide et de constater que le modèle de développement promu par la Banque mondiale et le FMI n’a pas permis une amélioration des conditions de vie des populations concernées (voir le désastre argentin). Le bilan humain et environnemental est sans appel : négatif. Avec à la tête de la Banque mondiale Paul Wolfowitz, promoteur de l’invasion de l’Irak et idéologue des néo-conservateurs aux Etats-Unis, on voit mal où se situerait le progrès.
L’autre vérité
Il est intéressant de mettre en parallèle l’autosatisfaction de la Banque Mondiale avec l’article paru le lendemain (31/10) dans Libé (page 11); une intéressante interview d’Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, sous ce titre percutant: «En privilégiant le marché mondial, on va droit dans le mur».
Les humanistes qui s’intéressent à l’Afrique savent depuis longtemps que ce sont les cultures vivrières traditionnelles (et la restitution des richesses naturelles pillées par les colons) qui sortiront le continent de la spirale famine/pauvreté/dépendance. «Depuis des décennies, les pays du Nord disent aux pays africains de cesser de cultiver des céréales traditionnelles mais de produire en fonction du marché, relève Aminata Traoré. Avec l’aide de la FAO (Agence des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation), on a donc massivement investi dans la culture du coton au lieu de développer les cultures vivrières (3). Puis, les cours du coton se sont écroulés, puisque sur les conseils éclairés (et un léger chantage à la libération des fonds) de la Banque mondiale, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Ouzbékistan, entre autres, ont fait pareil. Résultat: le monde est inondé de coton, lequel ne vaut plus un kopek; les paysans maliens n’ont plus qu’à en manger au lieu du mil traditionnel. Et Aminata Traoré de conclure: « La FAO incite les pays africains à investir dans l’agriculture (4); mais laquelle? Une agriculture fondée sur la compétition mondiale ou sur l’écoute des Africains et de leur faim? Nous voulons une agriculture fondée sur la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire le droit des Africains à choisir eux-mêmes ce qu’ils veulent produire et manger - à la place de cette prétendue «sécurité alimentaire» prônée par la FAO, qui vous incite à vendre pour acheter mais qui, en fait, vous ôte les moyens de vous nourrir.»
Vendre pour acheter, ça ne vous rappelle rien ? Ça ressemble pourtant fort au principe doctrinal de «croissance économique», censée créer de la richesse et des emplois - et qui démontre actuellement exactement le contraire. Et qui trouve-t-on derrière les pontes de la Banque mondiale ? Les semenciers OGM (5), dont le «succès» des plantations de coton transgénique en Inde a déjà poussé 600 agriculteurs au suicide (6) et endetté 43 millions d’autres paysans. Une paille…
Merci, Madame Traoré, d’avoir remis les pendules à l’heure. Puissiez-vous être entendue.
(1) http://www.un.org/french/millenniumgoals/
(2) http://www.doingbusiness.org/%5CDocuments%5COverviews_07%5CDB07OverviewFrench.pdf
(3) Comme les Soviétiques l’ont fait dans les années 1940 en Ouzbékistan, détournant le cours des fleuves Syr-Daria et Amou-Darila pour irriguer des régions inadaptées à ce type de culture, asséchant en 20 ans 90% de la mer d’Aral, 4e mer intérieure du monde, ruinant et polluant les populations de ces régions désormais désertiques et toxiques)
(4) http://www.fao.org/newsroom/FR/news/2006/1000286/index.htm
(5) http://www.grain.org/nfg/?id=417
(6) http://www.monde-solidaire.org/spip/article.php3?id_article=3350
L’autre vérité
Il est intéressant de mettre en parallèle l’autosatisfaction de la Banque Mondiale avec l’article paru le lendemain (31/10) dans Libé (page 11); une intéressante interview d’Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, sous ce titre percutant: «En privilégiant le marché mondial, on va droit dans le mur».
Les humanistes qui s’intéressent à l’Afrique savent depuis longtemps que ce sont les cultures vivrières traditionnelles (et la restitution des richesses naturelles pillées par les colons) qui sortiront le continent de la spirale famine/pauvreté/dépendance. «Depuis des décennies, les pays du Nord disent aux pays africains de cesser de cultiver des céréales traditionnelles mais de produire en fonction du marché, relève Aminata Traoré. Avec l’aide de la FAO (Agence des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation), on a donc massivement investi dans la culture du coton au lieu de développer les cultures vivrières (3). Puis, les cours du coton se sont écroulés, puisque sur les conseils éclairés (et un léger chantage à la libération des fonds) de la Banque mondiale, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Ouzbékistan, entre autres, ont fait pareil. Résultat: le monde est inondé de coton, lequel ne vaut plus un kopek; les paysans maliens n’ont plus qu’à en manger au lieu du mil traditionnel. Et Aminata Traoré de conclure: « La FAO incite les pays africains à investir dans l’agriculture (4); mais laquelle? Une agriculture fondée sur la compétition mondiale ou sur l’écoute des Africains et de leur faim? Nous voulons une agriculture fondée sur la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire le droit des Africains à choisir eux-mêmes ce qu’ils veulent produire et manger - à la place de cette prétendue «sécurité alimentaire» prônée par la FAO, qui vous incite à vendre pour acheter mais qui, en fait, vous ôte les moyens de vous nourrir.»
Vendre pour acheter, ça ne vous rappelle rien ? Ça ressemble pourtant fort au principe doctrinal de «croissance économique», censée créer de la richesse et des emplois - et qui démontre actuellement exactement le contraire. Et qui trouve-t-on derrière les pontes de la Banque mondiale ? Les semenciers OGM (5), dont le «succès» des plantations de coton transgénique en Inde a déjà poussé 600 agriculteurs au suicide (6) et endetté 43 millions d’autres paysans. Une paille…
Merci, Madame Traoré, d’avoir remis les pendules à l’heure. Puissiez-vous être entendue.
(1) http://www.un.org/french/millenniumgoals/
(2) http://www.doingbusiness.org/%5CDocuments%5COverviews_07%5CDB07OverviewFrench.pdf
(3) Comme les Soviétiques l’ont fait dans les années 1940 en Ouzbékistan, détournant le cours des fleuves Syr-Daria et Amou-Darila pour irriguer des régions inadaptées à ce type de culture, asséchant en 20 ans 90% de la mer d’Aral, 4e mer intérieure du monde, ruinant et polluant les populations de ces régions désormais désertiques et toxiques)
(4) http://www.fao.org/newsroom/FR/news/2006/1000286/index.htm
(5) http://www.grain.org/nfg/?id=417
(6) http://www.monde-solidaire.org/spip/article.php3?id_article=3350
10 septembre 2006
Le bon docteur Bourre… le mou !
Dans son N° 132, « Le Monde 2 » publie en double page une interview en forme de tribune de l’excellent Jean-Marie Bourre, expert, docteur, directeur de recherches à l’Inserm et membre de l’Académie de médecine (excusez du peu) sous le titre prometteur de « Bien manger pour bien penser ». L’article fait suite à la publication, par JMB, d’un ouvrage essentiel intitulé « Le Nouvelle diététique du cerveau » (Odile Jacob). L’expert en nutrition y stigmatise notamment les « terroristes alimentaires » et la « phobie du gras ». De quoi complaire à l’industrie agro-alimentaire avec laquelle, comme le rappelle fort opportunément « Le Canard » (30/08/06), le chercheur collabore régulièrement – ce que « Le Monde 2 » oublie de préciser.
Extraits choisis : « Si nous interdisons de manger des charcuteries à toute la population française, cela ne réduirait l’apparition de graisses saturées que de 6 à 8%. Les charcuteries, cette formidable invention de notre cerveau, contribuent assez modestement à la formation du cholestérol (…) Les recettes évoluant, les pâtés et saucissons se dégraissent, le saucisson sec et la saucisse sèche se dégustent sans problème. » Un argument que pourrait reprendre tel quel le Centre d’Information sur les Charcuteries dont – faut-il le dire ? - Bourre préside le comité scientifique.
Citons le « Canard » : « Si notre savant ne s’attarde guère sur les vertus des fruits et des légumes, il insiste, en revanche, sur celles des céréales, du blé dur et du pain. Normal, pour un membre du conseil d’experts de l’Association nationale de la meunerie française. De même, les coquillages et fruits de mer, riches en fer, iode, oméga 3, ont sa faveur. Le Comité scientifique de l’huître, dont il fait également partie, ne s’en plaindra pas. Mais le chercheur réserve son plaidoyer le plus vibrant à l’œuf, ce mal-aimé. "Aujourd’hui, l’œuf est très mal vu. Nous savons pourtant que le cholestérol est fabriqué à 75% par notre propre corps (…) et que l’œuf y contribue peu. Manger des œufs, une omelette aux cèpes, un œuf à la coque par jour, ce n’est pas s’empoisonner. L’œuf est riche en vitamines A, E, B12, en iode et en omega 3…". Ailleurs, dans un paragraphe sur les "nutriments essentiels", l’œuf est cité dans 7 des 10 familles d’aliments qui les fournissent. Surprise : Bourre est un expert attitré du Comité national pour la promotion de l’œuf. »
N’en jetez plus, la coque est pleine. Moralité : méfiez-vous des experts trop médiatisés. Et de la presse qui mange à tous les râteliers !
Plus d'infos?
http://www.fict.fr/cic/CIC/infos.htm
http://www.acomactive.info/nutri_flash/nutri_flashz.htm
http://www.alimentation-et-sante.com/dossiers/iaa3.htm
http://www.web-agri.fr/Outils/Fiches/FichesDetail.asp?idRub=203&id=30287
Extraits choisis : « Si nous interdisons de manger des charcuteries à toute la population française, cela ne réduirait l’apparition de graisses saturées que de 6 à 8%. Les charcuteries, cette formidable invention de notre cerveau, contribuent assez modestement à la formation du cholestérol (…) Les recettes évoluant, les pâtés et saucissons se dégraissent, le saucisson sec et la saucisse sèche se dégustent sans problème. » Un argument que pourrait reprendre tel quel le Centre d’Information sur les Charcuteries dont – faut-il le dire ? - Bourre préside le comité scientifique.
Citons le « Canard » : « Si notre savant ne s’attarde guère sur les vertus des fruits et des légumes, il insiste, en revanche, sur celles des céréales, du blé dur et du pain. Normal, pour un membre du conseil d’experts de l’Association nationale de la meunerie française. De même, les coquillages et fruits de mer, riches en fer, iode, oméga 3, ont sa faveur. Le Comité scientifique de l’huître, dont il fait également partie, ne s’en plaindra pas. Mais le chercheur réserve son plaidoyer le plus vibrant à l’œuf, ce mal-aimé. "Aujourd’hui, l’œuf est très mal vu. Nous savons pourtant que le cholestérol est fabriqué à 75% par notre propre corps (…) et que l’œuf y contribue peu. Manger des œufs, une omelette aux cèpes, un œuf à la coque par jour, ce n’est pas s’empoisonner. L’œuf est riche en vitamines A, E, B12, en iode et en omega 3…". Ailleurs, dans un paragraphe sur les "nutriments essentiels", l’œuf est cité dans 7 des 10 familles d’aliments qui les fournissent. Surprise : Bourre est un expert attitré du Comité national pour la promotion de l’œuf. »
N’en jetez plus, la coque est pleine. Moralité : méfiez-vous des experts trop médiatisés. Et de la presse qui mange à tous les râteliers !
Plus d'infos?
http://www.fict.fr/cic/CIC/infos.htm
http://www.acomactive.info/nutri_flash/nutri_flashz.htm
http://www.alimentation-et-sante.com/dossiers/iaa3.htm
http://www.web-agri.fr/Outils/Fiches/FichesDetail.asp?idRub=203&id=30287
16 août 2006
Désillusion 1559
On reste perplexe devant la difficulté qu’éprouvent les Etats « de bonne volonté » à trouver les termes d’une résolution mettant fin à la guerre au Liban (cf les « efforts » franco-américains). Certes, avec un diplomate de la trempe de Douste-Blazy, il n’y a pas grand chose à espérer. Mais pourquoi chercher midi à quatorze heures ? Car il suffirait, comme le rappelle fort à propos Philippe Thureau-Dangin, éditorialiste de Courrier International (3/8/06), d’appliquer la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies pour régler définitivement le conflit. Bon, celle-ci date de 2004 et personne ne veut s’en souvenir ; elle stipule cependant clairement que toutes les forces, milices et pouvoirs non démocratiquement élus doivent être désarmés et se retirer du Liban. Peut-on être plus clair ? On rétorquera que c’est bien la preuve que l’ONU n’a aucun pouvoir. Faux : l’ONU dispose de tous les pouvoirs que les Nations veulent bien lui donner – et, notamment, celles à qui la guerre profite. Par exemple : les Etats-Unis (armes), la Russie (armes) et la France (BTP). Après les combats, la reconstruction peut commencer. CQFD.
http://www.ambafrance-lb.org/article.php3?id_article=271
http://www.ambafrance-lb.org/article.php3?id_article=271
11 août 2006
Textile : les caves se rebiffent
Travailler 12 heures par jour minimum dans des réduits obscurs pour fabriquer des produits H&M, Adidas, Nike, Zara, Walmart, Naf Naf, Pierre Cardin ou Reebok – pour 10 euros par mois (non indexé depuis 12 ans…) : tel est le sort de 2 millions de travailleurs bengladais (entre autres), dans les célèbres « sweatshops » jadis dénoncés par Naomi Klein dans son livre « No Logo ». Pas de lois sociales, pas de syndicat, pas d’heures sup’, et pour beaucoup une cécité précoce qui les éjecte de facto du monde du travail. Mais à l’image du capital est-asiatique conquérant, les « travailleurs de la sueur » se révoltent. Depuis 3 mois, les mutineries se multiplient dans ces ateliers insalubres, alimentées par les menaces de licenciements et de violences à l’égard de ceux qui ont voulu créer des structures syndicales (comme dans l’usine de Panarub, où se fabriquent les chaussures de Zidane et Beckham). Des milliers d’ouvriers à bout de nerfs ont saccagé une usine en mai dernier à Sarvar. En juin, c’est dans la zone franche de Dacca qu’ont éclaté de nouvelles révoltes. Avec à la clé, une répression faisant un mort et des centaines de blessés. A rajouter aux centaines d’ouvriers morts dans les incendies d’usine, faute d’une issue de secours. L’accord intervenu récemment pour faire respecter les réglementations de l’OIT déjà prévues dans la loi bengladaise (mais qui n’avaient jamais été appliquées), est une première conquête. Aujourd’hui, il arrive que les heures supplémentaires soient payées et certaines ouvrières ont même droit à un jour de congé payé.
Des entreprises occidentales, comme Nike, prennent enfin conscience de l’indécence de continuer à exploiter cette main d’œuvre sans défense et tentent d’assouplir la condition des ouvriers ; reste à convaincre les patrons locaux, qui trouvent leur compte dans cette sous-traitance massive à prix (et destins) cassés.
(source des infos: Libé)
Pour en savoir plus: http://www.vetementspropres.be/
Des entreprises occidentales, comme Nike, prennent enfin conscience de l’indécence de continuer à exploiter cette main d’œuvre sans défense et tentent d’assouplir la condition des ouvriers ; reste à convaincre les patrons locaux, qui trouvent leur compte dans cette sous-traitance massive à prix (et destins) cassés.
(source des infos: Libé)
Pour en savoir plus: http://www.vetementspropres.be/
02 août 2006
Mesurer l'impact sur l'effet de serre
(source: Radio Canada) Une invention de David Risk, chercheur canadien, permettra de mesurer avec plus de précision les quantités de gaz à effet de serre qui se dégagent du sol des forêts. Il pourra ainsi mieux conseiller les entreprises forestières pour les aider à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Le sol des forêts emmagasine cinq fois plus de gaz carbonique que les arbres, et ce, pendant plus longtemps. David Risk souligne que dans la région, la durée de vie moyenne d'une forêt est de 50 ans. Quant au gaz carbonique présent dans le sol, il peut y demeurer pendant des centaines, voire des milliers d'années.
Vu la grande superficie des forêts en zone Atlantique, il est important, selon M. Risk, de maximiser l'efficacité de ces puits de carbone souterrains.
Grâce à un instrument qu'il a inventé et breveté en partenariat avec l'université, il parvient à calculer avec précision les quantités de gaz à effet de serre rejetées par le sol. Cela lui permet d'évaluer quel type de gestion forestière réduit le plus ces émissions. Il conclut déjà qu'il faut éviter la coupe à blanc.
En été, on peut constater une différence de 10 degrés entre le sol d'une forêt coupée à blanc et celui d'une forêt intacte. Cette chaleur accélère l'action des bactéries qui décomposent les matières organiques en émettant du gaz carbonique.
David Risk a pris des mesures de différentes capacités d'entreposage du sol. Il élabore maintenant un modèle qui lui permettra de transposer ces calculs à l'ensemble de la région atlantique.
Le sol des forêts emmagasine cinq fois plus de gaz carbonique que les arbres, et ce, pendant plus longtemps. David Risk souligne que dans la région, la durée de vie moyenne d'une forêt est de 50 ans. Quant au gaz carbonique présent dans le sol, il peut y demeurer pendant des centaines, voire des milliers d'années.
Vu la grande superficie des forêts en zone Atlantique, il est important, selon M. Risk, de maximiser l'efficacité de ces puits de carbone souterrains.
Grâce à un instrument qu'il a inventé et breveté en partenariat avec l'université, il parvient à calculer avec précision les quantités de gaz à effet de serre rejetées par le sol. Cela lui permet d'évaluer quel type de gestion forestière réduit le plus ces émissions. Il conclut déjà qu'il faut éviter la coupe à blanc.
En été, on peut constater une différence de 10 degrés entre le sol d'une forêt coupée à blanc et celui d'une forêt intacte. Cette chaleur accélère l'action des bactéries qui décomposent les matières organiques en émettant du gaz carbonique.
David Risk a pris des mesures de différentes capacités d'entreposage du sol. Il élabore maintenant un modèle qui lui permettra de transposer ces calculs à l'ensemble de la région atlantique.
10 juillet 2006
Coup de Zizou
Toute la planète s’interroge : comment Zidane, le joueur repère de l’équipe de France, a-t-il pu péter les plombs à ce point et qui plus est, à un instant aussi symboliquement chargé ? Précipitant la défaite de son pays et gâchant du même coup sa sortie (dixit la presse) ? Les insultes de Materazzi (monnaie courante dans le foot) ne peuvent expliquer un geste d’une telle portée médiatique.
Osons une hypothèse et entrouvrons la porte du subconscient de Zizou; «Vous m’avez érigé en Stakhanov de l’intégration des minorités par le sport. Par l’entremise de l’équipe Black Blanc Beur, cette intégration a fait rêver pendant 20 ans d’une société égalitaire et multiculturelle – habilement exploitée par les politiques. Mais regardez la réalité : cette utopie-là n’existe pas. Le racisme et l’exclusion sont le lot quotidien de mes frères blacks et beurs. Et moi, "Yazid" comme on m’appelle dans mon quartier natal de la Castellane, je ne veux pas, je ne peux pas, être l’instrument par lequel passera ce mensonge institutionnel. Cette équipe de France où les minorités sont majoritaires et triomphantes n’est pas l’équipe de la France. Elle ne doit pas gagner. Elle ne doit pas tisser un décor factice sur une réalité à cacher. Monsieur le Président, à l’heure de ma sortie, moi, Zinedine Zidane, 34 ans de bons et loyaux services dans les mines d’or de l’Empire français et d’Adidas, j’ai bien l’honneur de vous faire savoir, ainsi qu’au monde entier, que je ne suis pas ce que vous voulez que je sois. Au nom de la Castellane, des Minguettes, des Mureaux, du Val Fourré et de tous les autres ghettos laissés pour compte, je déclare solennellement que je reste un sauvageon. Et donc, un exclu.» Dont acte.
(Sur une idée de Sylvie Lausberg)
Osons une hypothèse et entrouvrons la porte du subconscient de Zizou; «Vous m’avez érigé en Stakhanov de l’intégration des minorités par le sport. Par l’entremise de l’équipe Black Blanc Beur, cette intégration a fait rêver pendant 20 ans d’une société égalitaire et multiculturelle – habilement exploitée par les politiques. Mais regardez la réalité : cette utopie-là n’existe pas. Le racisme et l’exclusion sont le lot quotidien de mes frères blacks et beurs. Et moi, "Yazid" comme on m’appelle dans mon quartier natal de la Castellane, je ne veux pas, je ne peux pas, être l’instrument par lequel passera ce mensonge institutionnel. Cette équipe de France où les minorités sont majoritaires et triomphantes n’est pas l’équipe de la France. Elle ne doit pas gagner. Elle ne doit pas tisser un décor factice sur une réalité à cacher. Monsieur le Président, à l’heure de ma sortie, moi, Zinedine Zidane, 34 ans de bons et loyaux services dans les mines d’or de l’Empire français et d’Adidas, j’ai bien l’honneur de vous faire savoir, ainsi qu’au monde entier, que je ne suis pas ce que vous voulez que je sois. Au nom de la Castellane, des Minguettes, des Mureaux, du Val Fourré et de tous les autres ghettos laissés pour compte, je déclare solennellement que je reste un sauvageon. Et donc, un exclu.» Dont acte.
(Sur une idée de Sylvie Lausberg)
22 juin 2006
La taxe Tobback
M. Bruno Tobback, ministre belge des Pensions (socialiste), promet un petit bonus aux pensionnés pour 2007. Tout en annonçant (RTBF 21/6, 8h45) que le cadeau, même s’il dure quelques années, se verra immanquablement rattrapé par « le coût du vieillissement ». Ce qui est une façon d’inciter les futurs pensionnés à souscrire une assurance complémentaire dans le privé – le vieux rêve libéral.
Selon cette doxa, c’en est bien fini de la retraite par solidarité ; les cotisations des braves actifs toujours moins nombreux ne pourront plus financer la pension des inactifs qui, en plus, vivent de plus en plus longtemps. Le calcul est évidemment simple… mais simpliste. De l’argent, il y en a pléthore. Mais il est ailleurs.
Des milliards d’euros de revenus générés par les transactions financières et des opérations spéculatives ne sont pas taxés et échappent chaque année à la solidarité nationale. Voici une belle occasion pour un jeune ministre qu’on suppose ambitieux de transformer la taxe Tobin en… taxe Tobback. Et de sauver ainsi notre vieux système de retraite, l’un des fondements de notre justice sociale.
Selon cette doxa, c’en est bien fini de la retraite par solidarité ; les cotisations des braves actifs toujours moins nombreux ne pourront plus financer la pension des inactifs qui, en plus, vivent de plus en plus longtemps. Le calcul est évidemment simple… mais simpliste. De l’argent, il y en a pléthore. Mais il est ailleurs.
Des milliards d’euros de revenus générés par les transactions financières et des opérations spéculatives ne sont pas taxés et échappent chaque année à la solidarité nationale. Voici une belle occasion pour un jeune ministre qu’on suppose ambitieux de transformer la taxe Tobin en… taxe Tobback. Et de sauver ainsi notre vieux système de retraite, l’un des fondements de notre justice sociale.
15 juin 2006
Outrage à patron
Bernard Anselme semble faire des émules… Ainsi, Karel Vinck, dont nul n’ignore le cursus patronal (Eternit, Bekaert, Umicore, SNCB, FEB) se dit outré que la presse se fasse l’écho d’une condamnation qu’il a subie en Italie, à titre d’administrateur-délégué d’Eternit, pour homicide involontaire suite la contamination par l’amiante de plusieurs ouvriers morts de mésothéliome, un cancer spécifiquement lié à la fibre d’asbeste. Et de déclarer pour sa défense qu’à l’époque (de 1973 à 1975), il ignorait tout des dangers de l’amiante. «J'ai toujours agi en toute bonne foi, en prenant les décisions qui s'imposaient sur base de l'information médicale qui était à ma disposition à l'époque des faits», déclare Karel Vinck dans « La Libre » de ce jour. Fort bien.
Sauf que… Sauf que Monsieur Vinck nous prend pour des imbéciles. Un patron maniant de l’amiante dans les années 1970 ne pouvait pas ignorer que la nocivité de cette substance est connue depuis le début du siècle. A cette époque on enregistrait déjà un grand nombre de décès parmi les travailleurs de l’industrie de l’amiante. C'est dans les années 1930 que l'on a commencé à suspecter son caractère cancérigène. En 1955, l'enquête épidémiologique de Richard Doll dans une usine textile d'Angleterre apporte la preuve du lien entre exposition à l'amiante et cancer du poumon. Pour le mésothéliome, c'est en 1960 que Wagner établit le lien entre l'amiante et cette maladie. Son étude portait sur 33 cas de mésothéliomes provenant pour la plupart de la zone de la province du Cap, en Afrique du Sud, où était exploitée une mine de crocidolite : parmi ceux-ci, 28 concernaient des personnes ayant travaillé dans la mine ou ayant vécu à proximité. Ce n’est pas un mystère que l’industrie a tout fait à l’époque pour que ces études ne soient pas diffusées. Mais les industriels du secteur étaient les premiers informés ! Monsieur Vinck veut nous faire croire qu’il n’était pas au courant : il faut en conclure qu’il exerçait donc de façon irresponsable un métier qu’il ne maîtrisait pas; s’il « ne savait pas », qu’il reconnaisse au vu de ce qui précède qu’il aurait dû savoir et qu’il cède tous les émoluments perçus lors de son passage chez Eternit aux familles des victimes.
Au lieu de s’offusquer que la presse révèle ce qu’il aurait bien voulu garder caché, M. Vinck ferait mieux de reconnaître ses torts ; ça le grandirait. Je suis prêt à parier qu’il ne prendra pas le risque de se ridiculiser davantage en déposant plainte contre Knack comme il en émet aujourd’hui l’idée dans un piteux contre-feu. Et félicitons la justice italienne d’avoir reconnu le tort causé aux travailleurs en condamnant les responsables, chose que la justice internationale ne s’est toujours pas résolue à faire à l’égard notamment de Saint-Gobain, malgré le dépôt de plusieurs milliers de plaintes (lire à ce propos : http://www.monde-diplomatique.fr/2000/06/HERMAN/13926.html ). On estime qu’à ce jour, alors que Karel Vinck s’offusque, 500.000 personnes se savent condamnées à mourir à plus ou moins court terme des suites de l’exposition à l’amiante. Ambiance dans les chaumières ! Le plus souvent, dans un dénuement total, puisqu’ils ne reçoivent aucune indemnité d’invalides. Et ce, alors que Saint-Gobain annonce des bénéfices records. Pendant l’agonie, les affaires continuent.
Voir aussi http://andeva.free.fr/
Sauf que… Sauf que Monsieur Vinck nous prend pour des imbéciles. Un patron maniant de l’amiante dans les années 1970 ne pouvait pas ignorer que la nocivité de cette substance est connue depuis le début du siècle. A cette époque on enregistrait déjà un grand nombre de décès parmi les travailleurs de l’industrie de l’amiante. C'est dans les années 1930 que l'on a commencé à suspecter son caractère cancérigène. En 1955, l'enquête épidémiologique de Richard Doll dans une usine textile d'Angleterre apporte la preuve du lien entre exposition à l'amiante et cancer du poumon. Pour le mésothéliome, c'est en 1960 que Wagner établit le lien entre l'amiante et cette maladie. Son étude portait sur 33 cas de mésothéliomes provenant pour la plupart de la zone de la province du Cap, en Afrique du Sud, où était exploitée une mine de crocidolite : parmi ceux-ci, 28 concernaient des personnes ayant travaillé dans la mine ou ayant vécu à proximité. Ce n’est pas un mystère que l’industrie a tout fait à l’époque pour que ces études ne soient pas diffusées. Mais les industriels du secteur étaient les premiers informés ! Monsieur Vinck veut nous faire croire qu’il n’était pas au courant : il faut en conclure qu’il exerçait donc de façon irresponsable un métier qu’il ne maîtrisait pas; s’il « ne savait pas », qu’il reconnaisse au vu de ce qui précède qu’il aurait dû savoir et qu’il cède tous les émoluments perçus lors de son passage chez Eternit aux familles des victimes.
Au lieu de s’offusquer que la presse révèle ce qu’il aurait bien voulu garder caché, M. Vinck ferait mieux de reconnaître ses torts ; ça le grandirait. Je suis prêt à parier qu’il ne prendra pas le risque de se ridiculiser davantage en déposant plainte contre Knack comme il en émet aujourd’hui l’idée dans un piteux contre-feu. Et félicitons la justice italienne d’avoir reconnu le tort causé aux travailleurs en condamnant les responsables, chose que la justice internationale ne s’est toujours pas résolue à faire à l’égard notamment de Saint-Gobain, malgré le dépôt de plusieurs milliers de plaintes (lire à ce propos : http://www.monde-diplomatique.fr/2000/06/HERMAN/13926.html ). On estime qu’à ce jour, alors que Karel Vinck s’offusque, 500.000 personnes se savent condamnées à mourir à plus ou moins court terme des suites de l’exposition à l’amiante. Ambiance dans les chaumières ! Le plus souvent, dans un dénuement total, puisqu’ils ne reçoivent aucune indemnité d’invalides. Et ce, alors que Saint-Gobain annonce des bénéfices records. Pendant l’agonie, les affaires continuent.
Voir aussi http://andeva.free.fr/
01 juin 2006
Antimoine, plomb et cadmium: vive l'eau pure!
Ne comptez pas sur Danone ou Nestlé pour vous le dire: une analyse réalisée par l'Université de Heidelberg démontre que les eaux contenues dans des bouteilles en plastiques contiennent 95 à 165 fois plus d'antimoine (un composant minéral toxique) que l'eau à la source (Le Canard Enchaîné, 31 mai).
"La raison? L'antimoine est utilisé en tant que fixateur dans la fabrication des bouteilles en plastique, et, comme tous les autres ingrédients du plastique, il migre allègrement dans la flotte. Plus l'eau reste enfermée longtemps dans la bouteille, plus elle contient d'antimoine. Certes, les quantités trouvées par les chercheurs allemands sont 10 fois inférieures à la limite autorisée; il n'empêche, on ne sait pas grand chose de l'effet sur notre organisme d'une l'ingestion chronique de petites doses.
Etant entendu que l'on compte jusqu'à 150 composants différents dans le plastique des bouteilles, parmi lesquels du plomb et du cadmium (utilisé pour colorer le plastique en rouge), et que tout sont plus ou moins relargués, on comprend enfin pourquoi l'eau minérale est près de 300 fois plus chère que l'eau du robinet: c'est grâce à tous ces petits rajouts!"
Voilà qui est ragoûtant.
"La raison? L'antimoine est utilisé en tant que fixateur dans la fabrication des bouteilles en plastique, et, comme tous les autres ingrédients du plastique, il migre allègrement dans la flotte. Plus l'eau reste enfermée longtemps dans la bouteille, plus elle contient d'antimoine. Certes, les quantités trouvées par les chercheurs allemands sont 10 fois inférieures à la limite autorisée; il n'empêche, on ne sait pas grand chose de l'effet sur notre organisme d'une l'ingestion chronique de petites doses.
Etant entendu que l'on compte jusqu'à 150 composants différents dans le plastique des bouteilles, parmi lesquels du plomb et du cadmium (utilisé pour colorer le plastique en rouge), et que tout sont plus ou moins relargués, on comprend enfin pourquoi l'eau minérale est près de 300 fois plus chère que l'eau du robinet: c'est grâce à tous ces petits rajouts!"
Voilà qui est ragoûtant.
31 mai 2006
Aux innocents les mains pleines
On croyait avoir touché le fond du cynisme politique crétin en entendant Jean-Marie Happart déclarer avec un aplomb sidérant qu’il avait signé, avec le philanthrope Bernie Ecclestone, un contrat engageant la Région wallonne à Francorchamps pour 12 millions d’euros (par an) sans l’avoir lu «parce qu’il ne connaît pas l’anglais». Eh bien non: il nous restait à entendre Bernard Anselme (RTBF radio, journal de 17 heures), à propos de l’octroi à la SOTEGEC, société de sa compagne par ailleurs présidente de la Commission Consultative d'Aménagement du Territoire de Namur, d’un quart des marchés publics d'urbanisme de la capitale wallonne (dont il est bourgmestre) : «je n’ai jamais pensé qu’il pouvait y avoir là un conflit d’intérêt». Mieux vaut entendre ça que d'être sourd ? Voire. Je crois qu’il vaut mieux être sourd qu’entendre un élu du peuple proclamer qu’il n’a aucune réflexion éthique par rapport à ses responsabilités publiques. Et c’est exactement ce que fait Bernard Anselme. Un type qui, pour se dédouaner, se prétend incapable de discerner un conflit d’intérêts aussi énorme n’a plus qu’une chose à faire : démissionner dans la minute. La minute est largement passée et Anselme, l'homme qui ne pense pas, est toujours en poste. Honte, honte, honte !
Bibendum mergitur
Que le patron d’une usine de pneus meure noyé est assez insolite. Dans l’imaginaire collectif, la chambre à air est plutôt assimilée à une bouée de sauvetage. Pourtant, Edouard Michelin était assez gonflé. En 1999, Michelin a publié des bénéfices semestriels en hausse de 20%, en même temps qu'il annonçait 7500 suppressions d'emplois – et l’action avait bondi de 12%. A l’époque, le gouvernement Jospin (vous savez, celui selon lequel «l’Etat ne peut pas tout») s’était fendu d’une loi contre les «licenciements boursiers» afin de faire retomber la pression. Le but n’est pas ici de se gausser de la mort d’un homme. Mais finalement, quelle belle fin pour un marchand de pneus que de se noyer lors d’une pêche au bar. Au fait, combien de bars, la pression sociale ?
16 mai 2006
Bourse: tabou de souffle
Il est des débats que la grande presse se garde bien d'ouvrir. Il y a pourtant matière à réflexion, à l'heure où l'on fustige le rôle délétère des actionnaires dans la pression au bénéfice "à deux chiffres" exercée sur les entreprises, cause des "licenciements économiques", des "délocalisations sauvages", de la précarisation du travail et de l'exploitation de mains d'oeuvre "à bon marché" sans aucune protection sociale. Sans oublier les "externalités" telles que la pollution, l'exportation illégale de déchets, les économies sur la sécurité...
Il y aurait bien une solution qui supprimerait le pouvoir exorbitant des fonds de pension anglo-saxons, l'exploitation systématique des plus faibles et les flux financiers colossaux non soumis à l'impôt sur le revenu; avec à la clé, un effet sans doute positif sur l'emploi: supprimer la Bourse.
La Bourse, ennemi numéro 1 d'un développement économique et social durable? Il suffisait d'y penser... Plus que jamais, dans les prochaines décennies, ce sera "la Bourse ou la vie". Osons donc un choix. Et ce n'est pas de l'anticapitalisme primaire: de plus en plus d'entreprises décident d'elles-mêmes de se retirer de la Bourse pour conserver leur autonomie. Des sociétés familiales qui veulent le rester ou des entreprises dont l'actionnariat est hyper éclaté et qui constituent une proie facile pour le premier raider venu. L'avenir montrera que la Bourse est un système amoral qui ne sert plus l'intérêt que d'une infime minorité de citoyens, et certainement pas celui des consommateurs, des travailleurs, du Tiers monde ni même des épargnants.
Il y aurait bien une solution qui supprimerait le pouvoir exorbitant des fonds de pension anglo-saxons, l'exploitation systématique des plus faibles et les flux financiers colossaux non soumis à l'impôt sur le revenu; avec à la clé, un effet sans doute positif sur l'emploi: supprimer la Bourse.
La Bourse, ennemi numéro 1 d'un développement économique et social durable? Il suffisait d'y penser... Plus que jamais, dans les prochaines décennies, ce sera "la Bourse ou la vie". Osons donc un choix. Et ce n'est pas de l'anticapitalisme primaire: de plus en plus d'entreprises décident d'elles-mêmes de se retirer de la Bourse pour conserver leur autonomie. Des sociétés familiales qui veulent le rester ou des entreprises dont l'actionnariat est hyper éclaté et qui constituent une proie facile pour le premier raider venu. L'avenir montrera que la Bourse est un système amoral qui ne sert plus l'intérêt que d'une infime minorité de citoyens, et certainement pas celui des consommateurs, des travailleurs, du Tiers monde ni même des épargnants.
Le sondage qui tue
Selon un sondage de VTM (15/5), 45% des Flamands estiment que le Vlaams Belang/Blok n'a aucune responsabilité morale dans le triple crime raciste d'Anvers. Alors même que le coupable est le fils d'un militant de ce "parti" fasciste et raciste. Un tel aveuglement est absolument terrifiant.
Qu'avons-nous encore à voir avec ces gens-là? Au moins les choses sont claires; les Flamands veulent un Etat nationaliste ? Qu'on le leur donne et bon vent.
Qu'avons-nous encore à voir avec ces gens-là? Au moins les choses sont claires; les Flamands veulent un Etat nationaliste ? Qu'on le leur donne et bon vent.
Pas clair, le flux d'infos
Dans l'affaire Clearstream, on nous prend vraiment pour des cons. Il suffit d'avoir lu l'enquête de Denis Robert, intitulée Revelation$, pour savoir qu'il est impossible pour une personne physique de posséder un compte à son nom dans cet établissement. Statutairement, les seuls clients de Clearstream ne peuvent être que des institutions financières (banques, agents de change, assureurs...). Et l'enquête de Robert souligne déjà comme une grave dérive la présence, dans les listings de titulaire de comptes dits "non publiés" (tout un programme), de multinationales qui, comme Siemens, Daewoo ou Air Liquide par exemple, n'ont a priori aucune activité purement financière, mais possèdent des avoirs dans la plupart des paradis fiscaux (et donc des flux à éclaircir).
L'unité comptable chez Clearstream étant le million de dollars, voire le milliard, même les mieux lotis des bénéficiaires français d'éventuelles rétrocommissions n'ont aucune chance d'y ouvir un compte. Que dire alors de Sarko, Fabius, DSK ou Chevènement? La ficelle est grosse comme une sardine marseillaise; est-ce pour cela qu'on nous en sert des tonnes?
L'unité comptable chez Clearstream étant le million de dollars, voire le milliard, même les mieux lotis des bénéficiaires français d'éventuelles rétrocommissions n'ont aucune chance d'y ouvir un compte. Que dire alors de Sarko, Fabius, DSK ou Chevènement? La ficelle est grosse comme une sardine marseillaise; est-ce pour cela qu'on nous en sert des tonnes?
07 mai 2006
Courage politique et bien commun
La nationalisation de l'exploitation gazière et pétrolière en Bolivie démontre que la volonté et le courage politiques permettent de faire échec à la toute-puissance du marché au profit de l'intérêt collectif quand cela s'avère nécessaire. Subséquemment, là où des mainmises commerciales nuisent à ce même intérêt commun sans que les politiques n'interviennent, cela veut dire que ce courage et cette volonté n'existent pas. CQFD.
03 mai 2006
Pour en finir avec le vivant gratuit
Je vous recommande la lecture et la diffusion la plus large possible de cet excellent article (cliquez le lien dans le titre) écrit pour "Le Monde" par Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches à l'INRA (Institut national français de recherches en agronomie), un rien révolté contre la politique publique en matière d'OGM. Cela peut sembler une antienne un peu lassante, et ceux que cela arrange ne se font pas faute d'utiliser les grands moyens pour discréditer tout qui peut émettre l'ombre d'une critique (voir mon article du 24 mars ici-même, qui citait un extrait du texte de Berlan). Mais il faut dire les choses telles qu'elles sont: nous sommes à un tournant crucial de l'histoire du vivant, et si les citoyens libres n'en prennent pas conscience, l'humanité risque de s'en mordre les doigts. Ne venez pas dire que vous ne saviez pas.
27 avril 2006
Le Pen n'est pas d'extreme-droite.
Marine Le Pen chez Arlette Chabot sur France 2: "Arrêtez de dire que nous sommes d'extrême-droite".
Elle a raison: ils sont national-socialistes.
Elle a raison: ils sont national-socialistes.
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