L’émission de la RTBF « Dossiers Noirs » revenait, la semaine dernière, sur l’affaire des détournements de fonds au Village N°1, au profit de Jean Wauters et d’Hélène Schollaert (quelque 20 millions d’euros, au bas mot).
La plainte déposée par les nouveaux responsables du Village a été instruite, au départ, par le Procureur du Roi de Nivelles Jean Deprêtre. Le journaliste Georges Huercano-Hidalgo rappelle que si le dossier s’y est longuement enlisé, ce pourrait être à la demande du Palais, et plus particulièrement de Jacques Van Ypersele de Strihou, secrétaire particulier du Roi (à l’époque, Baudouin). En effet, plusieurs membres de la famille royale apparaissent dans le dossier comme ayant bénéficié des largesses de Jean Wauters, lesquelles auraient pu justifier, de la part du Palais, un appel du pied au Procureur Deprêtre, notoirement proche de l’entourage royal.
Stratégie de tension
Par un de ces parallèles dont l’Histoire a le secret, on se souviendra que Jean Deprêtre a eu à instruire, dans les années 1984 et suivantes, le fameux dossier des « Tueurs du Brabant ». A l’époque, il avait été le seul à soutenir, contre toute évidence, la thèse des « prédateurs » - conduisant à l’arrestation de la « filière boraine » qui se clôturera par un piteux non lieu. Or, la thèse la plus souvent citée par les spécialistes est davantage celle d’une action terroriste (téléguidée par la sûreté de l’Etat et le réseau Gladio?) destinée à instituer dans le pays un « pouvoir fort », face aux menaces supposées des pacifistes (contre l’installation des missiles Pershing II) et d’activistes tels que les CCC – des rigolos, même s’ils furent inspirés par les Brigades rouges, Action directe et la Rote Armee Fraktion. La « stratégie de la tension », tactique bien connue de la CIA là où les intérêts commerciaux et stratégiques américains sont potentiellement menacés par un affaiblissement du pouvoir ou une montée inquiétante de la gauche, avait bien fonctionné, si l'on ose dire, à la gare de Bologne (1980) ; pourquoi pas en Belgique, siège de l’OTAN ? On pourrait logiquement se demander si ce cher Jean Deprêtre n’aurait pas, là aussi, aiguillé l’enquête sur une fausse piste pour servir l’intérêt supérieur de la nation… Transmis au Juge d’instruction Raynal, de Charleroi, seul en charge de l’enquête à ce jour et qui vient de faire exhumer le cadavre du concierge de l’Auberge des Chevaliers, à Beersel, retrouvé mort en 1982 et cité comme témoin dans l’affaire dite des « ballets roses »… Ah, il y aurait donc un rapport? Sans blague? Pour rappel, l'affaire des ballets roses, dite aussi "affaire Pinon" (1979), mettant en cause de "hauts personnages de l'Etat", fut instruite par un certain Deprêtre, Jean, procureur à Nivelles et jamais élucidée, elle non plus.
Etat fébrile
Enfin, comment ne pas faire le rapprochement avec un nouvel épisode curieux, survenant à un moment précis où le pays est particulièrement fragilisé : à peine le gouvernement intérimaire Verhofstadt III intronisé, voilà que la sûreté de l’Etat – déjà citée – met le ministère de l’Intérieur en alerte face à des « menaces d’attentats » liés à une présumée tentative d’évasion du terroriste Trabelsi. Alors, nouvelle « stratégie de la tension » ? Toujours est-il que la sénatrice Anne-Marie Lizin a demandé un rapport détaillé au comité « R », chargé du contrôle des services de renseignements. La confiance règne… En attendant, Nizar Trabelsi est sous bonne garde à la prison de… Nivelles. Ça n’a évidemment rien à voir, mais la boucle est bouclée…
A propos de l’affaire Trabelsi: http://www.rtbf.be/info/belgique/ARTICLE_145819
A propos de l’affaire Village N°1: : http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=373082
A propos des tueries du Brabant (source non validée mais apparemment bien documentée): http://tueriesdubrabant.googlepages.com/lespistes
28 décembre 2007
05 septembre 2007
Mobylette ou scooter
M'hamed Bellouti, vous connaissez? Non, ce n'est pas le sale type qui a volé la mobylette du fils de Sarkozy. Voyez plutôt (Le Monde de ce jour):
Jean Sarkozy, l'un des fils de Nicolas Sarkozy, fait l'objet d'une citation directe, le 11 septembre, devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Selon l'assignation, le 14 octobre 2005, place de la Concorde à Paris, il aurait heurté avec son scooter l'arrière d'une BMW conduite par M'hamed Bellouti. Il ne se serait pas arrêté, et aurait eu "un geste offensant" à l'intention du conducteur. M. Bellouti a pu relever le numéro d'immatriculation du scooter, l'a transmis à sa compagnie d'assurances, la MAAF, qui aurait relancé à trois reprises en 2006 Jean Sarkozy, sans obtenir de réponse de sa part. M. Bellouti a donc chargé ses avocats de faire citer à comparaître M. Sarkozy. Quatre délits lui sont reprochés : délit de fuite, défaut de maîtrise de son véhicule, non-respect des distances de sécurité et dégradation légère de la voiture. M. Bellouti réclame 260,13 euros pour des frais de réparation, ainsi que la somme de 4 000 euros à titre de dommages et intérêts.
Annoncé dans la même édition que celle où Papa entend faire la leçon aux enseignants quant à l'éducation de nos chères têtes blondes, ça fait un peu désordre... Nul doute que les profs apprécieront d'être tancé par l'éducateur d'un tel exemple!
Jean Sarkozy, l'un des fils de Nicolas Sarkozy, fait l'objet d'une citation directe, le 11 septembre, devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Selon l'assignation, le 14 octobre 2005, place de la Concorde à Paris, il aurait heurté avec son scooter l'arrière d'une BMW conduite par M'hamed Bellouti. Il ne se serait pas arrêté, et aurait eu "un geste offensant" à l'intention du conducteur. M. Bellouti a pu relever le numéro d'immatriculation du scooter, l'a transmis à sa compagnie d'assurances, la MAAF, qui aurait relancé à trois reprises en 2006 Jean Sarkozy, sans obtenir de réponse de sa part. M. Bellouti a donc chargé ses avocats de faire citer à comparaître M. Sarkozy. Quatre délits lui sont reprochés : délit de fuite, défaut de maîtrise de son véhicule, non-respect des distances de sécurité et dégradation légère de la voiture. M. Bellouti réclame 260,13 euros pour des frais de réparation, ainsi que la somme de 4 000 euros à titre de dommages et intérêts.
Annoncé dans la même édition que celle où Papa entend faire la leçon aux enseignants quant à l'éducation de nos chères têtes blondes, ça fait un peu désordre... Nul doute que les profs apprécieront d'être tancé par l'éducateur d'un tel exemple!
28 juillet 2007
La politique, un jeu d'enfant?
Le cas de Villepin « mis en examen » (osons le mot usuel en Belgique mais désormais tabou en France, nouvelle gouvernance oblige : inculpé) dans ce qu’il est convenu d’appeler «l’affaire Clearstream", me suggère une triple réflexion.
1. D’abord, il démontre qu’un homme parvenu aux plus hautes fonctions de l’Etat sans avoir affronté les dures réalités du suffrage universel est tellement coupé des réalités du monde des citoyens qu’il se croit tout permis, notamment en termes de manipulation et d’utilisation des pouvoirs qui lui sont conférés, précisément, par la démocratie. Qu’on me cite, en dehors de Raymond Barre (dont le bilan est loin d’être brillant) un seul ministre, issu de la société civile sans avoir été élu, ayant fait des étincelles ! Souvenons-nous de Tapie, Schwarzenberg, Mer, Breton… Quand ce n’est pas la confusion des genres, c’est la méconnaissance des mécanismes démocratiques qui les condamne à plus ou moins brève échéance.
2. Décidément, Jacques Chirac reste «intouchable» même après la fin de son mandat présidentiel. Il en aura usé, des «fusibles» ! Juppé, Tibéri, Casetta, Roussin et maintenant Villepin… Dans le cas de ce dernier, on comprend mal pour quelle raison il continue de «couvrir» un homme aux abois qui n’a plus aucun pouvoir et hante lui aussi l’antichambre du Palais de Justice. Il doit en savoir des choses, le Jacquot…
3. Ceux que l’utilisation du vocable «affaire Clearstream» pour désigner cette pitoyable affaire (voir Le Verso du 16 mai 2006) arrangent le mieux, ce sont précisément les responsables de Clearstream. Jusqu’alors, l’affaire Clearstream, c’était l’enquête du journaliste Denis Robert sur les méthodes pour le moins opaques de la chambre de compensation luxembourgeoise. Ses «Révélation$» avaient placé cette institution dans une situation délicate, la contraignant à des démentis peu convaincants et à des attaques en diffamation contre Robert et son éditeur, « Les Arènes ». La translation vers les magouilles politicardes françaises ayant fait de «l’affaire Clearstream» un scandale qui ne concerne plus Clearstream, ils peuvent couler des jours heureux comme si de rien n’était. On dit merci qui ?
1. D’abord, il démontre qu’un homme parvenu aux plus hautes fonctions de l’Etat sans avoir affronté les dures réalités du suffrage universel est tellement coupé des réalités du monde des citoyens qu’il se croit tout permis, notamment en termes de manipulation et d’utilisation des pouvoirs qui lui sont conférés, précisément, par la démocratie. Qu’on me cite, en dehors de Raymond Barre (dont le bilan est loin d’être brillant) un seul ministre, issu de la société civile sans avoir été élu, ayant fait des étincelles ! Souvenons-nous de Tapie, Schwarzenberg, Mer, Breton… Quand ce n’est pas la confusion des genres, c’est la méconnaissance des mécanismes démocratiques qui les condamne à plus ou moins brève échéance.
2. Décidément, Jacques Chirac reste «intouchable» même après la fin de son mandat présidentiel. Il en aura usé, des «fusibles» ! Juppé, Tibéri, Casetta, Roussin et maintenant Villepin… Dans le cas de ce dernier, on comprend mal pour quelle raison il continue de «couvrir» un homme aux abois qui n’a plus aucun pouvoir et hante lui aussi l’antichambre du Palais de Justice. Il doit en savoir des choses, le Jacquot…
3. Ceux que l’utilisation du vocable «affaire Clearstream» pour désigner cette pitoyable affaire (voir Le Verso du 16 mai 2006) arrangent le mieux, ce sont précisément les responsables de Clearstream. Jusqu’alors, l’affaire Clearstream, c’était l’enquête du journaliste Denis Robert sur les méthodes pour le moins opaques de la chambre de compensation luxembourgeoise. Ses «Révélation$» avaient placé cette institution dans une situation délicate, la contraignant à des démentis peu convaincants et à des attaques en diffamation contre Robert et son éditeur, « Les Arènes ». La translation vers les magouilles politicardes françaises ayant fait de «l’affaire Clearstream» un scandale qui ne concerne plus Clearstream, ils peuvent couler des jours heureux comme si de rien n’était. On dit merci qui ?
23 juillet 2007
La vie des grands fauves
Ceux qui ne sont pas encore convaincus que les grands patrons vivent sur une autre planète que nous n’ont qu’à lire (ou relire mieux) l’interview de Henri de Castries, patron d’Axa, dans «Le Soir» des 20, 21 et 22 juillet (page 17). Sans doute poussé dans ses retranchements par un journaliste d’une folle impertinence («Quel est le grand changement que vous attendez?»), le digne successeur du chasseur de grands fauves Claude Bébéar, un temps pressenti, paraît-il, pour être le ministre des Finances de Sarkozy, lâche cette phrase définitive : «Il faut accepter que le monde a changé et que le modèle dominant, c’est l’économie de marché tempérée par la démocratie.» Je répète, que vous saisissiez bien : Il faut accepter que le monde a changé et que le modèle dominant, c’est l’économie de marché tempérée par la démocratie.
Si l’on comprend bien, pour M. de Castries, la démocratie n’est rien de plus qu’un élément de tempérance au service de l’économie de marché. Comme on ne peut pas imaginer, de Castries étant un grand chrétien, que cette philosophie soit du cynisme pur ou du délire éthylo-mégalomaniaque, on doit donc en déduire qu’à force de n’évoluer qu’en petits cercles élitistes, les grands patrons vivent sur une autre planète que nous. On frémit à l’idée que ce type pourrait être un jour ministre… dans une démocratie !
Si l’on comprend bien, pour M. de Castries, la démocratie n’est rien de plus qu’un élément de tempérance au service de l’économie de marché. Comme on ne peut pas imaginer, de Castries étant un grand chrétien, que cette philosophie soit du cynisme pur ou du délire éthylo-mégalomaniaque, on doit donc en déduire qu’à force de n’évoluer qu’en petits cercles élitistes, les grands patrons vivent sur une autre planète que nous. On frémit à l’idée que ce type pourrait être un jour ministre… dans une démocratie !
15 juillet 2007
Trop tard, messieurs!
Saturation du réseau routier : pas rentable, le ferroutage ?
Le débat sur l’élargissement (sous toutes ses formes) du ring de Bruxelles fait couler de l’encre et consomme du papier. Tout le monde feint de découvrir subitement que les accès routiers à la Capitale (comme à d’autres grandes villes du pays) est sursaturé et que des mesures doivent être prises. Or, cela fait bien vingt ans que les bouchons s’accumulent aux heures de pointes dans la périphérie de Bruxelles. Seul changement : les heures de pointes commencent désormais à 6 h 30 et, le matin, se
prolongent fréquemment jusqu’à 10 h 30. Jusqu’ici, reconnaissons que Bruxelles n'a rien fait pour remédier à cette situation grotesque, contrairement aux deux autres capitales les plus proches, Londres et Amsterdam. Le RER ? L’élargissement du ring ? Trop tard, messieurs ! Ces solutions-là auraient dû être mises en chantier il y a au moins 10 ans. On voit bien que les travaux pharaoniques du RER ne s’accompagnent d’aucune politique volontariste de parkings de dissuasion ni d’aucun développement du réseau secondaire des bus. On court donc droit à l’échec.
184 millions d'euros perdus chaque année
Des solutions, il en existe pourtant. L’an dernier, dans une lettre ouverte au Premier ministre (à lire sur ce blog), j’avais fait quelques suggestions en ce sens ; bien entendu, ce sont des solutions qui demandent une volonté politique ferme d’aller à l’encontre des lobbies industriels (FEBIAC et firmes pétrolières en tête). Ces solutions sont d’instaurer un ferroutage obligatoire du trafic poids lourd de transit et de limiter la cylindrée des voitures autorisées à circuler en ville dans un périmètre raisonnable. Deux mesures faciles à mettre en œuvre et qui ne coûteraient pas grand chose. Dans « Le Soir » du 14 juillet, je lis la tribune d’un expert de chez Stratec, spécialiste de l’ingénierie des transports. L’auteur y écrit sans rire que l’alternative ferroviaire n’est « pas rentable » en dessous de 500 km. Sans doute estime-t-il que les files qui s’allongent au-delà de toute mesure sur les autoroutes et sur le ring sont « rentables » ? Dans l’ouvrage « 2050, Odyssée de la Terre », paru dans "Le Soir" pendant l’hiver 2005-2006 et dont je suis l’auteur, on peut lire (page 73) que sur une année, les encombrements routiers représentent 9,2 millions d’heures perdues. Si l’on estime la valeur d’une heure moyenne de travail à 20 euros, ce qui est un minimum, cela fait 184 millions d’euros perdus chaque année à poireauter en respirant 25 millions de tonnes de gaz à effet de serre. Certes, la FEBIAC argue que l’industrie a réussi à réduire de 30 à 50% ces émissions. Mais elle concède aussi que le parc automobile s’accroît de 60.000 à 100.000 véhicules par an en Belgique (chiffres 2004 et 2005). Dès lors, servir l’argument de la rentabilité face à un tel constat relève d’une curieuse logique…
Utiliser ce qui existe
Les deux mesures évoquées ci-dessus ne posent aucun problème structurel majeur. Les gares de Wavre, Ottignies, Hal, Denderleeuw, Alost, Malines et Louvain se situent toutes à quelques encablures du réseau autoroutier et disposent de suffisamment de voies que pour en affecter une ou deux à des navettes de ferroutage. Le matériel existe : par exemple, les rames qui servaient autrefois aux trains de nuit et aux ferries. Et puis, en construire sur le modèle du Shuttle ne poserait aucune difficulté et stimulerait l’emploi du secteur. Les transporteurs routiers y trouveraient leur compte, puisqu’ils gagneraient du temps en évitant les bouchons. Les chauffeurs pourraient mettre cette pause à profit pour se reposer. Bref, c’est tout bénef’ pour tout le monde.
Esprits chagrins
Il en va de même pour la limitation des cylindrées en ville : définir un périmètre dans lequel seules les voitures à essence de 1,2 l ou diesel de 1,7 l. maximum (on peut aussi établir la limite en Kw/h ou en Cv fiscaux) seraient autorisées à entrer. Bien entendu, cela suppose de développer des parkings supplémentaires aux abords des stations de métro. Mais c’est bien là le seul obstacle, à part bien entendu l’inertie de ceux pour qui rouler en grosse voiture dans les petites rues du centre ville est un signe extérieur de fierté (ou de puissance sexuelle). Je ne doute pas qu’il se trouvera des esprits chagrins pour taxer ces idées d’utopistes et d’irréalistes. Je les invite à les chiffrer et à les comparer au coût actuel de la saturation d’une part et, d’autre part, au coût prévisionnel des travaux envisagés sur le ring de Bruxelles. Comme chacun sait, l’utopie n’est pas l’irréalisable, mais le non encore réalisé…
Le débat sur l’élargissement (sous toutes ses formes) du ring de Bruxelles fait couler de l’encre et consomme du papier. Tout le monde feint de découvrir subitement que les accès routiers à la Capitale (comme à d’autres grandes villes du pays) est sursaturé et que des mesures doivent être prises. Or, cela fait bien vingt ans que les bouchons s’accumulent aux heures de pointes dans la périphérie de Bruxelles. Seul changement : les heures de pointes commencent désormais à 6 h 30 et, le matin, se
prolongent fréquemment jusqu’à 10 h 30. Jusqu’ici, reconnaissons que Bruxelles n'a rien fait pour remédier à cette situation grotesque, contrairement aux deux autres capitales les plus proches, Londres et Amsterdam. Le RER ? L’élargissement du ring ? Trop tard, messieurs ! Ces solutions-là auraient dû être mises en chantier il y a au moins 10 ans. On voit bien que les travaux pharaoniques du RER ne s’accompagnent d’aucune politique volontariste de parkings de dissuasion ni d’aucun développement du réseau secondaire des bus. On court donc droit à l’échec.
184 millions d'euros perdus chaque année
Des solutions, il en existe pourtant. L’an dernier, dans une lettre ouverte au Premier ministre (à lire sur ce blog), j’avais fait quelques suggestions en ce sens ; bien entendu, ce sont des solutions qui demandent une volonté politique ferme d’aller à l’encontre des lobbies industriels (FEBIAC et firmes pétrolières en tête). Ces solutions sont d’instaurer un ferroutage obligatoire du trafic poids lourd de transit et de limiter la cylindrée des voitures autorisées à circuler en ville dans un périmètre raisonnable. Deux mesures faciles à mettre en œuvre et qui ne coûteraient pas grand chose. Dans « Le Soir » du 14 juillet, je lis la tribune d’un expert de chez Stratec, spécialiste de l’ingénierie des transports. L’auteur y écrit sans rire que l’alternative ferroviaire n’est « pas rentable » en dessous de 500 km. Sans doute estime-t-il que les files qui s’allongent au-delà de toute mesure sur les autoroutes et sur le ring sont « rentables » ? Dans l’ouvrage « 2050, Odyssée de la Terre », paru dans "Le Soir" pendant l’hiver 2005-2006 et dont je suis l’auteur, on peut lire (page 73) que sur une année, les encombrements routiers représentent 9,2 millions d’heures perdues. Si l’on estime la valeur d’une heure moyenne de travail à 20 euros, ce qui est un minimum, cela fait 184 millions d’euros perdus chaque année à poireauter en respirant 25 millions de tonnes de gaz à effet de serre. Certes, la FEBIAC argue que l’industrie a réussi à réduire de 30 à 50% ces émissions. Mais elle concède aussi que le parc automobile s’accroît de 60.000 à 100.000 véhicules par an en Belgique (chiffres 2004 et 2005). Dès lors, servir l’argument de la rentabilité face à un tel constat relève d’une curieuse logique…
Utiliser ce qui existe
Les deux mesures évoquées ci-dessus ne posent aucun problème structurel majeur. Les gares de Wavre, Ottignies, Hal, Denderleeuw, Alost, Malines et Louvain se situent toutes à quelques encablures du réseau autoroutier et disposent de suffisamment de voies que pour en affecter une ou deux à des navettes de ferroutage. Le matériel existe : par exemple, les rames qui servaient autrefois aux trains de nuit et aux ferries. Et puis, en construire sur le modèle du Shuttle ne poserait aucune difficulté et stimulerait l’emploi du secteur. Les transporteurs routiers y trouveraient leur compte, puisqu’ils gagneraient du temps en évitant les bouchons. Les chauffeurs pourraient mettre cette pause à profit pour se reposer. Bref, c’est tout bénef’ pour tout le monde.
Esprits chagrins
Il en va de même pour la limitation des cylindrées en ville : définir un périmètre dans lequel seules les voitures à essence de 1,2 l ou diesel de 1,7 l. maximum (on peut aussi établir la limite en Kw/h ou en Cv fiscaux) seraient autorisées à entrer. Bien entendu, cela suppose de développer des parkings supplémentaires aux abords des stations de métro. Mais c’est bien là le seul obstacle, à part bien entendu l’inertie de ceux pour qui rouler en grosse voiture dans les petites rues du centre ville est un signe extérieur de fierté (ou de puissance sexuelle). Je ne doute pas qu’il se trouvera des esprits chagrins pour taxer ces idées d’utopistes et d’irréalistes. Je les invite à les chiffrer et à les comparer au coût actuel de la saturation d’une part et, d’autre part, au coût prévisionnel des travaux envisagés sur le ring de Bruxelles. Comme chacun sait, l’utopie n’est pas l’irréalisable, mais le non encore réalisé…
Tintin : adults only !
En pleine visite d’Elisabeth II en Belgique, c’est d’Angleterre que vient le coup de Jarnac donné à Hergé - l’année même où l’on commémore, à grands renforts de médiatisation tintinolâtre, le centenaire de la naissance de l’ancien dessinateur du « Petit Vingtième ». La chaîne de librairies Borders, au Royaume-Uni, a relégué l’album "Tintin au Congo" dans les rayons de BD pour adultes, suite à une plainte d’un lecteur pour racisme. Le plaignant, un avocat nommé David Enright, a déclaré que ce livre cristallisait les stéréotypes racistes, suggérant que « les Africains étaient des sous-humains, des imbéciles à demi-sauvages ». La belle unanimité dithyrambique qui préside aux célébrations du centenaire d’Hergé s’en trouve écornée et les rares voix qui osent aujourd’hui rappeler le passé sulfureux de Georges Rémy, retrouvent l’espoir d’une vision plus objective du « message » parfois subliminal porté par Tintin.
Grâce au « Soir volé »
Peut-être est-il bon de rappeler que Hergé a grandi dans la mouvance de la droite catholique, sérieusement ébranlée par la Révolution soviétique de 1917, la guerre d’Espagne ou le Front populaire en France. Dans ce milieu ultraconservateur, la «peur du rouge» est omniprésente et justifie des prises de position fermes. Dans son parcours éducationnel, Hergé côtoie des personnalités de l’extrême droite religieuse et culturelle : l’abbé Wallez, éditeur du «Petit Vingtième» dont Hergé sera le rédacteur en chef, Paul Jamin qui, sous le pseudonyme de «Jam», signera les caricatures antipolitiques et antisémites parues dans «Le Pays réel», l’organe du parti fasciste belge Rex, sans oublier le patron de Rex, Léon Degrelle en personne. Certes, jamais Hergé de sera membre de Rex. De fait, il ne se préoccupait guère de politique. Mais quelle est la limite entre politique et civisme ? Sous l’occupation, le jeune dessinateur va grimper les marches du succès et assouvir son ambition grâce, notamment, à la publication de ses dessins dans «Le Soir volé». Le journal bruxellois «Le Soir» est mis par l'occupant sous la tutelle de Raymond De Becker ; issu de la démocratie chrétienne, celui-ci s'était converti au national-socialisme; il était l'homme de la situation pour les Allemands. Ironiquement, c’est à cette époque que « Le Soir » connaît le plus fort tirage de son histoire… Ce dont ne manquera pas de profiter Hergé, qui va fidéliser son lectorat grâce à ce succès médiatique.
Racisme assumé
On fera remarquer que ses dessins n’ont aucune connotation politique. Ceci est discutable, puisque ses dessins ont pour effet (pour but?) d'attirer les jeunes à absorber la propagande distillée dans les pages du journal volé. Et si l'on prend l'exemple de l'aventure de Tintin parue en 1942, «L’Etoile mystérieuse», la touche antisémite et anti-américaine est très marquée et assumée sans complexe. En témoigne le businessmen new-yorkais véreux Blumenstein, au nez crochu, aux lèvres épaisses et au regard fuyant… Et cela, au moment même où les rafles et la déportation des Juifs vers Auschwitz battait son plein. Jamais Hergé n’estimera avoir été un « collabo ». Pour lui, aller au journal sous l’occupant revenait au même que, pour l’ouvrier, retourner travailler chaque matin à l’usine. Peut-être qu’une once d’autocritique ne lui aurait pas fait de tort. Au lieu de cela, il a choisi de nier l’évidence, et avec lui, ses héritiers, ses ayants droit et ses innombrables thuriféraires.
L’histoire repasse les plats
La « Queen » Elisabeth n’aura pas manqué de savourer l’incident « tintinoclaste » survenu dans son Royaume à l’heure où elle déjeunait au Palais de Laeken ; et en digne souveraine de la perfide Albion, elle aura sûrement pensé que definitely, on n’est jamais trahi que par les siens : n’est-elle pas la descendante de Victoria, nièce de Léopold de Saxe-Cobourg, premier Roi des Belges par la grâce de l’Angleterre et qui s’allia par mariage avec la Maison de Prusse ?
Grâce au « Soir volé »
Peut-être est-il bon de rappeler que Hergé a grandi dans la mouvance de la droite catholique, sérieusement ébranlée par la Révolution soviétique de 1917, la guerre d’Espagne ou le Front populaire en France. Dans ce milieu ultraconservateur, la «peur du rouge» est omniprésente et justifie des prises de position fermes. Dans son parcours éducationnel, Hergé côtoie des personnalités de l’extrême droite religieuse et culturelle : l’abbé Wallez, éditeur du «Petit Vingtième» dont Hergé sera le rédacteur en chef, Paul Jamin qui, sous le pseudonyme de «Jam», signera les caricatures antipolitiques et antisémites parues dans «Le Pays réel», l’organe du parti fasciste belge Rex, sans oublier le patron de Rex, Léon Degrelle en personne. Certes, jamais Hergé de sera membre de Rex. De fait, il ne se préoccupait guère de politique. Mais quelle est la limite entre politique et civisme ? Sous l’occupation, le jeune dessinateur va grimper les marches du succès et assouvir son ambition grâce, notamment, à la publication de ses dessins dans «Le Soir volé». Le journal bruxellois «Le Soir» est mis par l'occupant sous la tutelle de Raymond De Becker ; issu de la démocratie chrétienne, celui-ci s'était converti au national-socialisme; il était l'homme de la situation pour les Allemands. Ironiquement, c’est à cette époque que « Le Soir » connaît le plus fort tirage de son histoire… Ce dont ne manquera pas de profiter Hergé, qui va fidéliser son lectorat grâce à ce succès médiatique.
Racisme assumé
On fera remarquer que ses dessins n’ont aucune connotation politique. Ceci est discutable, puisque ses dessins ont pour effet (pour but?) d'attirer les jeunes à absorber la propagande distillée dans les pages du journal volé. Et si l'on prend l'exemple de l'aventure de Tintin parue en 1942, «L’Etoile mystérieuse», la touche antisémite et anti-américaine est très marquée et assumée sans complexe. En témoigne le businessmen new-yorkais véreux Blumenstein, au nez crochu, aux lèvres épaisses et au regard fuyant… Et cela, au moment même où les rafles et la déportation des Juifs vers Auschwitz battait son plein. Jamais Hergé n’estimera avoir été un « collabo ». Pour lui, aller au journal sous l’occupant revenait au même que, pour l’ouvrier, retourner travailler chaque matin à l’usine. Peut-être qu’une once d’autocritique ne lui aurait pas fait de tort. Au lieu de cela, il a choisi de nier l’évidence, et avec lui, ses héritiers, ses ayants droit et ses innombrables thuriféraires.
L’histoire repasse les plats
La « Queen » Elisabeth n’aura pas manqué de savourer l’incident « tintinoclaste » survenu dans son Royaume à l’heure où elle déjeunait au Palais de Laeken ; et en digne souveraine de la perfide Albion, elle aura sûrement pensé que definitely, on n’est jamais trahi que par les siens : n’est-elle pas la descendante de Victoria, nièce de Léopold de Saxe-Cobourg, premier Roi des Belges par la grâce de l’Angleterre et qui s’allia par mariage avec la Maison de Prusse ?
24 juin 2007
Super Sarkopter
Vu vendredi matin (grâce au « Soir ») dans le Parc de Bruxelles : un joggeur en T-Shirt à l’écusson du RAID, encadré par une escouade de barbouzes soufflants, court pendant ¾ d’heure sous la haute surveillance d’un… hélicoptère. Le superministère de l’Ecologie est en marche ! A quand un ministère du gaspi paranoïaque ?
13 juin 2007
Tais-toi et mange !
Une dépêche de l’AFP annonce, hier, que « Les ministres de l'Agriculture des 27 réunis à Luxembourg ont décidé que les produits biologiques porteront un label européen et leurs normes de qualité seront renforcées à partir de 2009 ». On est ravi de l’apprendre, mais attention : in cauda venenum !
Car on lit tout en bas de l’article que « Enfin, après un âpre débat, les 27 ont accepté que les produits bio puissent contenir des traces d'OGM, accordant une tolérance de 0,9% au maximum. » Formidable ! L’enthousiasme européen est à son comble : « C'est un excellent accord qui aidera les consommateurs à reconnaître plus facilement les produits biologiques dans toute l'UE et leur donnera l'assurance de ce qu'ils achètent précisément », a commenté la commissaire européenne à l'Agriculture Mariann Fischer Boel, dans un communiqué. Ah bon ? Des OGM dans les produits bio, c’est une assurance de qualité ? Cette mesure vise à « protéger les agriculteurs bio contre les contaminations accidentelles », précise la Commission, qui ajoute perfidement que les producteurs (pris la charrue dans les OGM) devront toutefois prouver que la contamination ne résulte pas d'une négligence de leur part. Ah, parce qu’il y a des contaminations accidentelles ? On nous avait pourtant toujours dit que les cultures d’OGM en plein champ ne présentaient aucun risque de cet ordre. Quant à la « négligence » en question, elle n’est pas précisée. Alors on s’interroge : oublier de recouvrir son champ bio de 10 hectares par une bâche de protection, c’est une négligence ? (Voir l'exemple de Percy Schmeiser en cliquant le lien dans le titre).
Soyons clairs : dans la Commission Barroso, les lobbies industriels ont nettement plus de poids que les consommateurs, qui ont depuis longtemps fait connaître leur opposition à cette mesure. Mais ils ont l’habitude : cause toujours tu m’intéresses, et surtout ne fais rien qui puisse entraver la sacro-sainte liberté du commerce. Tais-toi et mange !
Car on lit tout en bas de l’article que « Enfin, après un âpre débat, les 27 ont accepté que les produits bio puissent contenir des traces d'OGM, accordant une tolérance de 0,9% au maximum. » Formidable ! L’enthousiasme européen est à son comble : « C'est un excellent accord qui aidera les consommateurs à reconnaître plus facilement les produits biologiques dans toute l'UE et leur donnera l'assurance de ce qu'ils achètent précisément », a commenté la commissaire européenne à l'Agriculture Mariann Fischer Boel, dans un communiqué. Ah bon ? Des OGM dans les produits bio, c’est une assurance de qualité ? Cette mesure vise à « protéger les agriculteurs bio contre les contaminations accidentelles », précise la Commission, qui ajoute perfidement que les producteurs (pris la charrue dans les OGM) devront toutefois prouver que la contamination ne résulte pas d'une négligence de leur part. Ah, parce qu’il y a des contaminations accidentelles ? On nous avait pourtant toujours dit que les cultures d’OGM en plein champ ne présentaient aucun risque de cet ordre. Quant à la « négligence » en question, elle n’est pas précisée. Alors on s’interroge : oublier de recouvrir son champ bio de 10 hectares par une bâche de protection, c’est une négligence ? (Voir l'exemple de Percy Schmeiser en cliquant le lien dans le titre).
Soyons clairs : dans la Commission Barroso, les lobbies industriels ont nettement plus de poids que les consommateurs, qui ont depuis longtemps fait connaître leur opposition à cette mesure. Mais ils ont l’habitude : cause toujours tu m’intéresses, et surtout ne fais rien qui puisse entraver la sacro-sainte liberté du commerce. Tais-toi et mange !
22 mai 2007
Les aventures maritimes de Sarko Maltese
C’est (évidemment) le « Canard enchaîné » (16/5) qui le rapporte : dans une interview accordée à Europe 1 le 9 mai à propos de son voyage très discuté à Malte, M. Sarkozy précise : « Peut-être que ça fait de la publicité à Malte. Malte le mérite ! » Et de relater ses entretiens avec les huiles de ce pays méconnu de l’Union européenne. Il aurait pu ajouter : « Malte, et sa merveilleuse marine marchande naviguant sous pavillon de complaisance ; ses navires certifiés en bon état de marche par un organisme fiable mandaté par l’Etat de Malte, le RINA. » Un exemple, au hasard : le navire-poubelle Erika, battant pavillon maltais et certifié conforme par le RINA, dont le naufrage a coûté quelques dizaines de millions d’euros à l’Etat français… En attendant mieux, après le verdict du procès ?
26 février 2007
La patte du lapin
Quel point commun y a-t-il entre Cocteau, Dali, Picasso, Chagall, Warhol, Miro, Alechinsky et, disons, le prince Charles d’Angleterre ? Si si, il y en a un… Charlie, à ses moments perdus, commet de modestes aquarelles dont l’une vient d’être choisie pour illustrer l’étiquette du millésime 2004 du célébrissime cru bordelais « Château Mouton-Rothschild ». Et ce, en échange de 10 caisses du précieux nectar. Pour rappel, la tradition veut que chaque année depuis 100 ans, cette prestigieuse étiquette soit illustrée par un artiste renommé.
« Ventre affamé n’a pas d’oreilles », dit le proverbe. On peut dès lors proposer comme variante : « gosier assoiffé à de grandes oreilles » ! Mais a-t-il une "patte" ?
« Ventre affamé n’a pas d’oreilles », dit le proverbe. On peut dès lors proposer comme variante : « gosier assoiffé à de grandes oreilles » ! Mais a-t-il une "patte" ?
13 janvier 2007
Monsieur le Premier ministre
A l'occasion du Salon de l'auto, vous avez appelé à soulager le trafic automobile et à "faire sauter les bouchons".
En tant que journaliste indépendant ayant rédigé pour "Le Soir" une encyclopédie du développement durable (à télécharger sur http://www.bizzline.com/fr/astuces_detail.php), j'ai trois idées à vous soumettre, déjà évoquées dans mon ouvrage.
1. Chacun sait cela: l'offre de transports en commun est largement insuffisante dans toutes les grandes villes belges. Il n'existe pas de réseau suburbain connecté à des parkings de dissuasion. Nous savons qu'un RER est en voie de réalisation, mais s'il ne s'accompagne pas d'une politique volontariste de parkings à proximité desgares et une offre de transports urbains et transurbains renforcée, cela ne fera que déplacer le problème.
2. On voit clairement qu'aux heures de pointe, il y a une surcharge énorme de camions en transit qui bloquent les "rings", tant à Bruxelles qu'à Anvers ou à Gand. La solution est simple: mettre des navette ferroviaires obligatoires à la disposition des poids lourds en transit, une trentaine de km avant l'entrée des villes. Par exemple, l'axe E411 > Ring de BXL vers Zaventem est bouché tous les matins de 7h à 9h30 (dans le meilleur des cas).
Il ne serait pas compliqué de dévier les camions vers la gare de Wavre, où ils seraient chargés sur des wagons ad hoc, soit à destination de Malines/Mechelen, soit de Ekeren ou Merchtem, afin d'éviter les rings de Bruxelles et d'Anvers.
La même chose peut être organisée depuis la E19 via la ligne 26, voire le contournement de BXL par Cureghem, etc. et au départ de Louvain pour le trafic venant de la E40.
3. Limiter l'accès à la ville (par exemple, les 19 communes de BXL) aux petites voitures non polluantes, de 1,4 cc maximum pour l'essence et de 1,7 cc max. pour les diesel.
Trois mesures concrètes, faciles à mettre en oeuvre et dont le Bureau fédéral du Plan pourrait aisément calculer et mettre en balance le coût et les économies réalisées en termes de temps, d'énergie, de CO2, de place, etc...
Je vous souhaite bonne réception de la présente et vous prie d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de ma plus haute considération.
Yves Kengen
En tant que journaliste indépendant ayant rédigé pour "Le Soir" une encyclopédie du développement durable (à télécharger sur http://www.bizzline.com/fr/astuces_detail.php), j'ai trois idées à vous soumettre, déjà évoquées dans mon ouvrage.
1. Chacun sait cela: l'offre de transports en commun est largement insuffisante dans toutes les grandes villes belges. Il n'existe pas de réseau suburbain connecté à des parkings de dissuasion. Nous savons qu'un RER est en voie de réalisation, mais s'il ne s'accompagne pas d'une politique volontariste de parkings à proximité desgares et une offre de transports urbains et transurbains renforcée, cela ne fera que déplacer le problème.
2. On voit clairement qu'aux heures de pointe, il y a une surcharge énorme de camions en transit qui bloquent les "rings", tant à Bruxelles qu'à Anvers ou à Gand. La solution est simple: mettre des navette ferroviaires obligatoires à la disposition des poids lourds en transit, une trentaine de km avant l'entrée des villes. Par exemple, l'axe E411 > Ring de BXL vers Zaventem est bouché tous les matins de 7h à 9h30 (dans le meilleur des cas).
Il ne serait pas compliqué de dévier les camions vers la gare de Wavre, où ils seraient chargés sur des wagons ad hoc, soit à destination de Malines/Mechelen, soit de Ekeren ou Merchtem, afin d'éviter les rings de Bruxelles et d'Anvers.
La même chose peut être organisée depuis la E19 via la ligne 26, voire le contournement de BXL par Cureghem, etc. et au départ de Louvain pour le trafic venant de la E40.
3. Limiter l'accès à la ville (par exemple, les 19 communes de BXL) aux petites voitures non polluantes, de 1,4 cc maximum pour l'essence et de 1,7 cc max. pour les diesel.
Trois mesures concrètes, faciles à mettre en oeuvre et dont le Bureau fédéral du Plan pourrait aisément calculer et mettre en balance le coût et les économies réalisées en termes de temps, d'énergie, de CO2, de place, etc...
Je vous souhaite bonne réception de la présente et vous prie d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de ma plus haute considération.
Yves Kengen
24 novembre 2006
Volkswagen : pensez à l’action !
Klaus Volkert, l’ancien président du comité d’entreprise de VW qui a reçu 1,9 million d’euros (en black) de la direction des ressources humaines pour « maintenir la paix sociale » dans l’entreprise, peut se vanter d’avoir fait fort à Bruxelles. Certes, son pot-de-vin ne représente que, grosso modo, la valeur d’un an de salaire de 80 ouvriers de Forest. Certes, Volkert aura tout le loisir de méditer en prison sur la morale de l’histoire. Quant aux (encore) ouvriers et employés de VW à Forest, qu’ils ne s’en fassent pas pour leur marque favorite, créée par Hitler et Ferdinand Porsche en 1933 - pour des questions d’égalité sociale (déjà) (1). Elle se porte bien, avec un chiffre d’affaires de quelque 50 milliards d’euros et un bénéfice consolidé de l’ordre de 20 milliards (source : Transnationale.org).
Il ne leur reste plus qu’à investir leurs indemnités de licenciement dans l’action VW, qui va sûrement remonter en flèche ; pour autant qu’ils ne soient pas trop regardants sur l’éthique : selon Transnationale.org, en général très bien informé, la «voiture du peuple» ne crache pas sur les sociétés offshore, la petite criminalité financière, la corruption et les entorses au code du travail de l’OIT. Dans des proportions relativement médiocres il est vrai, qui la laissent loin derrière les champions de ce genre de sport (comme son compatriote Siemens, par exemple). Des broutilles, donc : ce qui compte, finalement, c’est le revenu de l’action. Le reste, c’est du blabla de syndicaliste.
(1) Porsche est toujours actionnaire de VW à 25%. On sait ce que fidélité veut dire !
http://www.transnationale.org
Il ne leur reste plus qu’à investir leurs indemnités de licenciement dans l’action VW, qui va sûrement remonter en flèche ; pour autant qu’ils ne soient pas trop regardants sur l’éthique : selon Transnationale.org, en général très bien informé, la «voiture du peuple» ne crache pas sur les sociétés offshore, la petite criminalité financière, la corruption et les entorses au code du travail de l’OIT. Dans des proportions relativement médiocres il est vrai, qui la laissent loin derrière les champions de ce genre de sport (comme son compatriote Siemens, par exemple). Des broutilles, donc : ce qui compte, finalement, c’est le revenu de l’action. Le reste, c’est du blabla de syndicaliste.
(1) Porsche est toujours actionnaire de VW à 25%. On sait ce que fidélité veut dire !
http://www.transnationale.org
03 novembre 2006
L’Afrique s’enrichit ! Et vous ne le saviez pas ?
Dans un communiqué de presse diffusé le 30 octobre, la Banque mondiale se félicite des progrès accomplis par un certain nombre de pays africains ; l’Institution envisage même d’atteindre, dans ces pays, le premier des fameux Objectifs du Millénaire (1), qui vise à réduire de moitié la pauvreté d’ici à 2010. Et de mettre en avant les moteurs de ce progrès spectaculaire : une meilleure santé, un enseignement de meilleure qualité, une bonne croissance économique et la réduction de la pauvreté par le développement du commerce. Ça ne coûte rien de le dire, mais on connaît le mécanisme: des investissements massifs dans le commerce agricole d’exportation destiné au marché mondialisé, soutenus par la Banque mondiale; précisons, pour ceux qui l’ignorent encore, que l’octroi des subventions est soumis à quelques conditions, généralement liées à l’allégement des charges de l’Etat, notamment sociales et environnementales. La Banque Mondiale, dans son récent rapport «Doing Business 2007», dresse une liste des pays dans lesquels elle conseille aux entreprises d’investir. Question : selon quels critères ? Les mieux classés sont-ils ceux qui disposent de la main d’œuvre la mieux qualifiée, du meilleur réseau de transport, les meilleures matières premières, de la logistique la plus développée ? Réponse : pas du tout. Les mieux classés sont ceux dont les lois et les coûts sociaux sont les moins contraignants, voire inexistants (2). Comme le rappelle l’historien et politologue belge Eric Toussaint dans son ouvrage «La Finance contre les peuples» (CADTM/Syllepse/Cetim, 2004), il s’agit d’être lucide et de constater que le modèle de développement promu par la Banque mondiale et le FMI n’a pas permis une amélioration des conditions de vie des populations concernées (voir le désastre argentin). Le bilan humain et environnemental est sans appel : négatif. Avec à la tête de la Banque mondiale Paul Wolfowitz, promoteur de l’invasion de l’Irak et idéologue des néo-conservateurs aux Etats-Unis, on voit mal où se situerait le progrès.
L’autre vérité
Il est intéressant de mettre en parallèle l’autosatisfaction de la Banque Mondiale avec l’article paru le lendemain (31/10) dans Libé (page 11); une intéressante interview d’Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, sous ce titre percutant: «En privilégiant le marché mondial, on va droit dans le mur».
Les humanistes qui s’intéressent à l’Afrique savent depuis longtemps que ce sont les cultures vivrières traditionnelles (et la restitution des richesses naturelles pillées par les colons) qui sortiront le continent de la spirale famine/pauvreté/dépendance. «Depuis des décennies, les pays du Nord disent aux pays africains de cesser de cultiver des céréales traditionnelles mais de produire en fonction du marché, relève Aminata Traoré. Avec l’aide de la FAO (Agence des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation), on a donc massivement investi dans la culture du coton au lieu de développer les cultures vivrières (3). Puis, les cours du coton se sont écroulés, puisque sur les conseils éclairés (et un léger chantage à la libération des fonds) de la Banque mondiale, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Ouzbékistan, entre autres, ont fait pareil. Résultat: le monde est inondé de coton, lequel ne vaut plus un kopek; les paysans maliens n’ont plus qu’à en manger au lieu du mil traditionnel. Et Aminata Traoré de conclure: « La FAO incite les pays africains à investir dans l’agriculture (4); mais laquelle? Une agriculture fondée sur la compétition mondiale ou sur l’écoute des Africains et de leur faim? Nous voulons une agriculture fondée sur la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire le droit des Africains à choisir eux-mêmes ce qu’ils veulent produire et manger - à la place de cette prétendue «sécurité alimentaire» prônée par la FAO, qui vous incite à vendre pour acheter mais qui, en fait, vous ôte les moyens de vous nourrir.»
Vendre pour acheter, ça ne vous rappelle rien ? Ça ressemble pourtant fort au principe doctrinal de «croissance économique», censée créer de la richesse et des emplois - et qui démontre actuellement exactement le contraire. Et qui trouve-t-on derrière les pontes de la Banque mondiale ? Les semenciers OGM (5), dont le «succès» des plantations de coton transgénique en Inde a déjà poussé 600 agriculteurs au suicide (6) et endetté 43 millions d’autres paysans. Une paille…
Merci, Madame Traoré, d’avoir remis les pendules à l’heure. Puissiez-vous être entendue.
(1) http://www.un.org/french/millenniumgoals/
(2) http://www.doingbusiness.org/%5CDocuments%5COverviews_07%5CDB07OverviewFrench.pdf
(3) Comme les Soviétiques l’ont fait dans les années 1940 en Ouzbékistan, détournant le cours des fleuves Syr-Daria et Amou-Darila pour irriguer des régions inadaptées à ce type de culture, asséchant en 20 ans 90% de la mer d’Aral, 4e mer intérieure du monde, ruinant et polluant les populations de ces régions désormais désertiques et toxiques)
(4) http://www.fao.org/newsroom/FR/news/2006/1000286/index.htm
(5) http://www.grain.org/nfg/?id=417
(6) http://www.monde-solidaire.org/spip/article.php3?id_article=3350
L’autre vérité
Il est intéressant de mettre en parallèle l’autosatisfaction de la Banque Mondiale avec l’article paru le lendemain (31/10) dans Libé (page 11); une intéressante interview d’Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, sous ce titre percutant: «En privilégiant le marché mondial, on va droit dans le mur».
Les humanistes qui s’intéressent à l’Afrique savent depuis longtemps que ce sont les cultures vivrières traditionnelles (et la restitution des richesses naturelles pillées par les colons) qui sortiront le continent de la spirale famine/pauvreté/dépendance. «Depuis des décennies, les pays du Nord disent aux pays africains de cesser de cultiver des céréales traditionnelles mais de produire en fonction du marché, relève Aminata Traoré. Avec l’aide de la FAO (Agence des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation), on a donc massivement investi dans la culture du coton au lieu de développer les cultures vivrières (3). Puis, les cours du coton se sont écroulés, puisque sur les conseils éclairés (et un léger chantage à la libération des fonds) de la Banque mondiale, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Ouzbékistan, entre autres, ont fait pareil. Résultat: le monde est inondé de coton, lequel ne vaut plus un kopek; les paysans maliens n’ont plus qu’à en manger au lieu du mil traditionnel. Et Aminata Traoré de conclure: « La FAO incite les pays africains à investir dans l’agriculture (4); mais laquelle? Une agriculture fondée sur la compétition mondiale ou sur l’écoute des Africains et de leur faim? Nous voulons une agriculture fondée sur la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire le droit des Africains à choisir eux-mêmes ce qu’ils veulent produire et manger - à la place de cette prétendue «sécurité alimentaire» prônée par la FAO, qui vous incite à vendre pour acheter mais qui, en fait, vous ôte les moyens de vous nourrir.»
Vendre pour acheter, ça ne vous rappelle rien ? Ça ressemble pourtant fort au principe doctrinal de «croissance économique», censée créer de la richesse et des emplois - et qui démontre actuellement exactement le contraire. Et qui trouve-t-on derrière les pontes de la Banque mondiale ? Les semenciers OGM (5), dont le «succès» des plantations de coton transgénique en Inde a déjà poussé 600 agriculteurs au suicide (6) et endetté 43 millions d’autres paysans. Une paille…
Merci, Madame Traoré, d’avoir remis les pendules à l’heure. Puissiez-vous être entendue.
(1) http://www.un.org/french/millenniumgoals/
(2) http://www.doingbusiness.org/%5CDocuments%5COverviews_07%5CDB07OverviewFrench.pdf
(3) Comme les Soviétiques l’ont fait dans les années 1940 en Ouzbékistan, détournant le cours des fleuves Syr-Daria et Amou-Darila pour irriguer des régions inadaptées à ce type de culture, asséchant en 20 ans 90% de la mer d’Aral, 4e mer intérieure du monde, ruinant et polluant les populations de ces régions désormais désertiques et toxiques)
(4) http://www.fao.org/newsroom/FR/news/2006/1000286/index.htm
(5) http://www.grain.org/nfg/?id=417
(6) http://www.monde-solidaire.org/spip/article.php3?id_article=3350
10 septembre 2006
Le bon docteur Bourre… le mou !
Dans son N° 132, « Le Monde 2 » publie en double page une interview en forme de tribune de l’excellent Jean-Marie Bourre, expert, docteur, directeur de recherches à l’Inserm et membre de l’Académie de médecine (excusez du peu) sous le titre prometteur de « Bien manger pour bien penser ». L’article fait suite à la publication, par JMB, d’un ouvrage essentiel intitulé « Le Nouvelle diététique du cerveau » (Odile Jacob). L’expert en nutrition y stigmatise notamment les « terroristes alimentaires » et la « phobie du gras ». De quoi complaire à l’industrie agro-alimentaire avec laquelle, comme le rappelle fort opportunément « Le Canard » (30/08/06), le chercheur collabore régulièrement – ce que « Le Monde 2 » oublie de préciser.
Extraits choisis : « Si nous interdisons de manger des charcuteries à toute la population française, cela ne réduirait l’apparition de graisses saturées que de 6 à 8%. Les charcuteries, cette formidable invention de notre cerveau, contribuent assez modestement à la formation du cholestérol (…) Les recettes évoluant, les pâtés et saucissons se dégraissent, le saucisson sec et la saucisse sèche se dégustent sans problème. » Un argument que pourrait reprendre tel quel le Centre d’Information sur les Charcuteries dont – faut-il le dire ? - Bourre préside le comité scientifique.
Citons le « Canard » : « Si notre savant ne s’attarde guère sur les vertus des fruits et des légumes, il insiste, en revanche, sur celles des céréales, du blé dur et du pain. Normal, pour un membre du conseil d’experts de l’Association nationale de la meunerie française. De même, les coquillages et fruits de mer, riches en fer, iode, oméga 3, ont sa faveur. Le Comité scientifique de l’huître, dont il fait également partie, ne s’en plaindra pas. Mais le chercheur réserve son plaidoyer le plus vibrant à l’œuf, ce mal-aimé. "Aujourd’hui, l’œuf est très mal vu. Nous savons pourtant que le cholestérol est fabriqué à 75% par notre propre corps (…) et que l’œuf y contribue peu. Manger des œufs, une omelette aux cèpes, un œuf à la coque par jour, ce n’est pas s’empoisonner. L’œuf est riche en vitamines A, E, B12, en iode et en omega 3…". Ailleurs, dans un paragraphe sur les "nutriments essentiels", l’œuf est cité dans 7 des 10 familles d’aliments qui les fournissent. Surprise : Bourre est un expert attitré du Comité national pour la promotion de l’œuf. »
N’en jetez plus, la coque est pleine. Moralité : méfiez-vous des experts trop médiatisés. Et de la presse qui mange à tous les râteliers !
Plus d'infos?
http://www.fict.fr/cic/CIC/infos.htm
http://www.acomactive.info/nutri_flash/nutri_flashz.htm
http://www.alimentation-et-sante.com/dossiers/iaa3.htm
http://www.web-agri.fr/Outils/Fiches/FichesDetail.asp?idRub=203&id=30287
Extraits choisis : « Si nous interdisons de manger des charcuteries à toute la population française, cela ne réduirait l’apparition de graisses saturées que de 6 à 8%. Les charcuteries, cette formidable invention de notre cerveau, contribuent assez modestement à la formation du cholestérol (…) Les recettes évoluant, les pâtés et saucissons se dégraissent, le saucisson sec et la saucisse sèche se dégustent sans problème. » Un argument que pourrait reprendre tel quel le Centre d’Information sur les Charcuteries dont – faut-il le dire ? - Bourre préside le comité scientifique.
Citons le « Canard » : « Si notre savant ne s’attarde guère sur les vertus des fruits et des légumes, il insiste, en revanche, sur celles des céréales, du blé dur et du pain. Normal, pour un membre du conseil d’experts de l’Association nationale de la meunerie française. De même, les coquillages et fruits de mer, riches en fer, iode, oméga 3, ont sa faveur. Le Comité scientifique de l’huître, dont il fait également partie, ne s’en plaindra pas. Mais le chercheur réserve son plaidoyer le plus vibrant à l’œuf, ce mal-aimé. "Aujourd’hui, l’œuf est très mal vu. Nous savons pourtant que le cholestérol est fabriqué à 75% par notre propre corps (…) et que l’œuf y contribue peu. Manger des œufs, une omelette aux cèpes, un œuf à la coque par jour, ce n’est pas s’empoisonner. L’œuf est riche en vitamines A, E, B12, en iode et en omega 3…". Ailleurs, dans un paragraphe sur les "nutriments essentiels", l’œuf est cité dans 7 des 10 familles d’aliments qui les fournissent. Surprise : Bourre est un expert attitré du Comité national pour la promotion de l’œuf. »
N’en jetez plus, la coque est pleine. Moralité : méfiez-vous des experts trop médiatisés. Et de la presse qui mange à tous les râteliers !
Plus d'infos?
http://www.fict.fr/cic/CIC/infos.htm
http://www.acomactive.info/nutri_flash/nutri_flashz.htm
http://www.alimentation-et-sante.com/dossiers/iaa3.htm
http://www.web-agri.fr/Outils/Fiches/FichesDetail.asp?idRub=203&id=30287
16 août 2006
Désillusion 1559
On reste perplexe devant la difficulté qu’éprouvent les Etats « de bonne volonté » à trouver les termes d’une résolution mettant fin à la guerre au Liban (cf les « efforts » franco-américains). Certes, avec un diplomate de la trempe de Douste-Blazy, il n’y a pas grand chose à espérer. Mais pourquoi chercher midi à quatorze heures ? Car il suffirait, comme le rappelle fort à propos Philippe Thureau-Dangin, éditorialiste de Courrier International (3/8/06), d’appliquer la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies pour régler définitivement le conflit. Bon, celle-ci date de 2004 et personne ne veut s’en souvenir ; elle stipule cependant clairement que toutes les forces, milices et pouvoirs non démocratiquement élus doivent être désarmés et se retirer du Liban. Peut-on être plus clair ? On rétorquera que c’est bien la preuve que l’ONU n’a aucun pouvoir. Faux : l’ONU dispose de tous les pouvoirs que les Nations veulent bien lui donner – et, notamment, celles à qui la guerre profite. Par exemple : les Etats-Unis (armes), la Russie (armes) et la France (BTP). Après les combats, la reconstruction peut commencer. CQFD.
http://www.ambafrance-lb.org/article.php3?id_article=271
http://www.ambafrance-lb.org/article.php3?id_article=271
11 août 2006
Textile : les caves se rebiffent
Travailler 12 heures par jour minimum dans des réduits obscurs pour fabriquer des produits H&M, Adidas, Nike, Zara, Walmart, Naf Naf, Pierre Cardin ou Reebok – pour 10 euros par mois (non indexé depuis 12 ans…) : tel est le sort de 2 millions de travailleurs bengladais (entre autres), dans les célèbres « sweatshops » jadis dénoncés par Naomi Klein dans son livre « No Logo ». Pas de lois sociales, pas de syndicat, pas d’heures sup’, et pour beaucoup une cécité précoce qui les éjecte de facto du monde du travail. Mais à l’image du capital est-asiatique conquérant, les « travailleurs de la sueur » se révoltent. Depuis 3 mois, les mutineries se multiplient dans ces ateliers insalubres, alimentées par les menaces de licenciements et de violences à l’égard de ceux qui ont voulu créer des structures syndicales (comme dans l’usine de Panarub, où se fabriquent les chaussures de Zidane et Beckham). Des milliers d’ouvriers à bout de nerfs ont saccagé une usine en mai dernier à Sarvar. En juin, c’est dans la zone franche de Dacca qu’ont éclaté de nouvelles révoltes. Avec à la clé, une répression faisant un mort et des centaines de blessés. A rajouter aux centaines d’ouvriers morts dans les incendies d’usine, faute d’une issue de secours. L’accord intervenu récemment pour faire respecter les réglementations de l’OIT déjà prévues dans la loi bengladaise (mais qui n’avaient jamais été appliquées), est une première conquête. Aujourd’hui, il arrive que les heures supplémentaires soient payées et certaines ouvrières ont même droit à un jour de congé payé.
Des entreprises occidentales, comme Nike, prennent enfin conscience de l’indécence de continuer à exploiter cette main d’œuvre sans défense et tentent d’assouplir la condition des ouvriers ; reste à convaincre les patrons locaux, qui trouvent leur compte dans cette sous-traitance massive à prix (et destins) cassés.
(source des infos: Libé)
Pour en savoir plus: http://www.vetementspropres.be/
Des entreprises occidentales, comme Nike, prennent enfin conscience de l’indécence de continuer à exploiter cette main d’œuvre sans défense et tentent d’assouplir la condition des ouvriers ; reste à convaincre les patrons locaux, qui trouvent leur compte dans cette sous-traitance massive à prix (et destins) cassés.
(source des infos: Libé)
Pour en savoir plus: http://www.vetementspropres.be/
02 août 2006
Mesurer l'impact sur l'effet de serre
(source: Radio Canada) Une invention de David Risk, chercheur canadien, permettra de mesurer avec plus de précision les quantités de gaz à effet de serre qui se dégagent du sol des forêts. Il pourra ainsi mieux conseiller les entreprises forestières pour les aider à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Le sol des forêts emmagasine cinq fois plus de gaz carbonique que les arbres, et ce, pendant plus longtemps. David Risk souligne que dans la région, la durée de vie moyenne d'une forêt est de 50 ans. Quant au gaz carbonique présent dans le sol, il peut y demeurer pendant des centaines, voire des milliers d'années.
Vu la grande superficie des forêts en zone Atlantique, il est important, selon M. Risk, de maximiser l'efficacité de ces puits de carbone souterrains.
Grâce à un instrument qu'il a inventé et breveté en partenariat avec l'université, il parvient à calculer avec précision les quantités de gaz à effet de serre rejetées par le sol. Cela lui permet d'évaluer quel type de gestion forestière réduit le plus ces émissions. Il conclut déjà qu'il faut éviter la coupe à blanc.
En été, on peut constater une différence de 10 degrés entre le sol d'une forêt coupée à blanc et celui d'une forêt intacte. Cette chaleur accélère l'action des bactéries qui décomposent les matières organiques en émettant du gaz carbonique.
David Risk a pris des mesures de différentes capacités d'entreposage du sol. Il élabore maintenant un modèle qui lui permettra de transposer ces calculs à l'ensemble de la région atlantique.
Le sol des forêts emmagasine cinq fois plus de gaz carbonique que les arbres, et ce, pendant plus longtemps. David Risk souligne que dans la région, la durée de vie moyenne d'une forêt est de 50 ans. Quant au gaz carbonique présent dans le sol, il peut y demeurer pendant des centaines, voire des milliers d'années.
Vu la grande superficie des forêts en zone Atlantique, il est important, selon M. Risk, de maximiser l'efficacité de ces puits de carbone souterrains.
Grâce à un instrument qu'il a inventé et breveté en partenariat avec l'université, il parvient à calculer avec précision les quantités de gaz à effet de serre rejetées par le sol. Cela lui permet d'évaluer quel type de gestion forestière réduit le plus ces émissions. Il conclut déjà qu'il faut éviter la coupe à blanc.
En été, on peut constater une différence de 10 degrés entre le sol d'une forêt coupée à blanc et celui d'une forêt intacte. Cette chaleur accélère l'action des bactéries qui décomposent les matières organiques en émettant du gaz carbonique.
David Risk a pris des mesures de différentes capacités d'entreposage du sol. Il élabore maintenant un modèle qui lui permettra de transposer ces calculs à l'ensemble de la région atlantique.
10 juillet 2006
Coup de Zizou
Toute la planète s’interroge : comment Zidane, le joueur repère de l’équipe de France, a-t-il pu péter les plombs à ce point et qui plus est, à un instant aussi symboliquement chargé ? Précipitant la défaite de son pays et gâchant du même coup sa sortie (dixit la presse) ? Les insultes de Materazzi (monnaie courante dans le foot) ne peuvent expliquer un geste d’une telle portée médiatique.
Osons une hypothèse et entrouvrons la porte du subconscient de Zizou; «Vous m’avez érigé en Stakhanov de l’intégration des minorités par le sport. Par l’entremise de l’équipe Black Blanc Beur, cette intégration a fait rêver pendant 20 ans d’une société égalitaire et multiculturelle – habilement exploitée par les politiques. Mais regardez la réalité : cette utopie-là n’existe pas. Le racisme et l’exclusion sont le lot quotidien de mes frères blacks et beurs. Et moi, "Yazid" comme on m’appelle dans mon quartier natal de la Castellane, je ne veux pas, je ne peux pas, être l’instrument par lequel passera ce mensonge institutionnel. Cette équipe de France où les minorités sont majoritaires et triomphantes n’est pas l’équipe de la France. Elle ne doit pas gagner. Elle ne doit pas tisser un décor factice sur une réalité à cacher. Monsieur le Président, à l’heure de ma sortie, moi, Zinedine Zidane, 34 ans de bons et loyaux services dans les mines d’or de l’Empire français et d’Adidas, j’ai bien l’honneur de vous faire savoir, ainsi qu’au monde entier, que je ne suis pas ce que vous voulez que je sois. Au nom de la Castellane, des Minguettes, des Mureaux, du Val Fourré et de tous les autres ghettos laissés pour compte, je déclare solennellement que je reste un sauvageon. Et donc, un exclu.» Dont acte.
(Sur une idée de Sylvie Lausberg)
Osons une hypothèse et entrouvrons la porte du subconscient de Zizou; «Vous m’avez érigé en Stakhanov de l’intégration des minorités par le sport. Par l’entremise de l’équipe Black Blanc Beur, cette intégration a fait rêver pendant 20 ans d’une société égalitaire et multiculturelle – habilement exploitée par les politiques. Mais regardez la réalité : cette utopie-là n’existe pas. Le racisme et l’exclusion sont le lot quotidien de mes frères blacks et beurs. Et moi, "Yazid" comme on m’appelle dans mon quartier natal de la Castellane, je ne veux pas, je ne peux pas, être l’instrument par lequel passera ce mensonge institutionnel. Cette équipe de France où les minorités sont majoritaires et triomphantes n’est pas l’équipe de la France. Elle ne doit pas gagner. Elle ne doit pas tisser un décor factice sur une réalité à cacher. Monsieur le Président, à l’heure de ma sortie, moi, Zinedine Zidane, 34 ans de bons et loyaux services dans les mines d’or de l’Empire français et d’Adidas, j’ai bien l’honneur de vous faire savoir, ainsi qu’au monde entier, que je ne suis pas ce que vous voulez que je sois. Au nom de la Castellane, des Minguettes, des Mureaux, du Val Fourré et de tous les autres ghettos laissés pour compte, je déclare solennellement que je reste un sauvageon. Et donc, un exclu.» Dont acte.
(Sur une idée de Sylvie Lausberg)
22 juin 2006
La taxe Tobback
M. Bruno Tobback, ministre belge des Pensions (socialiste), promet un petit bonus aux pensionnés pour 2007. Tout en annonçant (RTBF 21/6, 8h45) que le cadeau, même s’il dure quelques années, se verra immanquablement rattrapé par « le coût du vieillissement ». Ce qui est une façon d’inciter les futurs pensionnés à souscrire une assurance complémentaire dans le privé – le vieux rêve libéral.
Selon cette doxa, c’en est bien fini de la retraite par solidarité ; les cotisations des braves actifs toujours moins nombreux ne pourront plus financer la pension des inactifs qui, en plus, vivent de plus en plus longtemps. Le calcul est évidemment simple… mais simpliste. De l’argent, il y en a pléthore. Mais il est ailleurs.
Des milliards d’euros de revenus générés par les transactions financières et des opérations spéculatives ne sont pas taxés et échappent chaque année à la solidarité nationale. Voici une belle occasion pour un jeune ministre qu’on suppose ambitieux de transformer la taxe Tobin en… taxe Tobback. Et de sauver ainsi notre vieux système de retraite, l’un des fondements de notre justice sociale.
Selon cette doxa, c’en est bien fini de la retraite par solidarité ; les cotisations des braves actifs toujours moins nombreux ne pourront plus financer la pension des inactifs qui, en plus, vivent de plus en plus longtemps. Le calcul est évidemment simple… mais simpliste. De l’argent, il y en a pléthore. Mais il est ailleurs.
Des milliards d’euros de revenus générés par les transactions financières et des opérations spéculatives ne sont pas taxés et échappent chaque année à la solidarité nationale. Voici une belle occasion pour un jeune ministre qu’on suppose ambitieux de transformer la taxe Tobin en… taxe Tobback. Et de sauver ainsi notre vieux système de retraite, l’un des fondements de notre justice sociale.
15 juin 2006
Outrage à patron
Bernard Anselme semble faire des émules… Ainsi, Karel Vinck, dont nul n’ignore le cursus patronal (Eternit, Bekaert, Umicore, SNCB, FEB) se dit outré que la presse se fasse l’écho d’une condamnation qu’il a subie en Italie, à titre d’administrateur-délégué d’Eternit, pour homicide involontaire suite la contamination par l’amiante de plusieurs ouvriers morts de mésothéliome, un cancer spécifiquement lié à la fibre d’asbeste. Et de déclarer pour sa défense qu’à l’époque (de 1973 à 1975), il ignorait tout des dangers de l’amiante. «J'ai toujours agi en toute bonne foi, en prenant les décisions qui s'imposaient sur base de l'information médicale qui était à ma disposition à l'époque des faits», déclare Karel Vinck dans « La Libre » de ce jour. Fort bien.
Sauf que… Sauf que Monsieur Vinck nous prend pour des imbéciles. Un patron maniant de l’amiante dans les années 1970 ne pouvait pas ignorer que la nocivité de cette substance est connue depuis le début du siècle. A cette époque on enregistrait déjà un grand nombre de décès parmi les travailleurs de l’industrie de l’amiante. C'est dans les années 1930 que l'on a commencé à suspecter son caractère cancérigène. En 1955, l'enquête épidémiologique de Richard Doll dans une usine textile d'Angleterre apporte la preuve du lien entre exposition à l'amiante et cancer du poumon. Pour le mésothéliome, c'est en 1960 que Wagner établit le lien entre l'amiante et cette maladie. Son étude portait sur 33 cas de mésothéliomes provenant pour la plupart de la zone de la province du Cap, en Afrique du Sud, où était exploitée une mine de crocidolite : parmi ceux-ci, 28 concernaient des personnes ayant travaillé dans la mine ou ayant vécu à proximité. Ce n’est pas un mystère que l’industrie a tout fait à l’époque pour que ces études ne soient pas diffusées. Mais les industriels du secteur étaient les premiers informés ! Monsieur Vinck veut nous faire croire qu’il n’était pas au courant : il faut en conclure qu’il exerçait donc de façon irresponsable un métier qu’il ne maîtrisait pas; s’il « ne savait pas », qu’il reconnaisse au vu de ce qui précède qu’il aurait dû savoir et qu’il cède tous les émoluments perçus lors de son passage chez Eternit aux familles des victimes.
Au lieu de s’offusquer que la presse révèle ce qu’il aurait bien voulu garder caché, M. Vinck ferait mieux de reconnaître ses torts ; ça le grandirait. Je suis prêt à parier qu’il ne prendra pas le risque de se ridiculiser davantage en déposant plainte contre Knack comme il en émet aujourd’hui l’idée dans un piteux contre-feu. Et félicitons la justice italienne d’avoir reconnu le tort causé aux travailleurs en condamnant les responsables, chose que la justice internationale ne s’est toujours pas résolue à faire à l’égard notamment de Saint-Gobain, malgré le dépôt de plusieurs milliers de plaintes (lire à ce propos : http://www.monde-diplomatique.fr/2000/06/HERMAN/13926.html ). On estime qu’à ce jour, alors que Karel Vinck s’offusque, 500.000 personnes se savent condamnées à mourir à plus ou moins court terme des suites de l’exposition à l’amiante. Ambiance dans les chaumières ! Le plus souvent, dans un dénuement total, puisqu’ils ne reçoivent aucune indemnité d’invalides. Et ce, alors que Saint-Gobain annonce des bénéfices records. Pendant l’agonie, les affaires continuent.
Voir aussi http://andeva.free.fr/
Sauf que… Sauf que Monsieur Vinck nous prend pour des imbéciles. Un patron maniant de l’amiante dans les années 1970 ne pouvait pas ignorer que la nocivité de cette substance est connue depuis le début du siècle. A cette époque on enregistrait déjà un grand nombre de décès parmi les travailleurs de l’industrie de l’amiante. C'est dans les années 1930 que l'on a commencé à suspecter son caractère cancérigène. En 1955, l'enquête épidémiologique de Richard Doll dans une usine textile d'Angleterre apporte la preuve du lien entre exposition à l'amiante et cancer du poumon. Pour le mésothéliome, c'est en 1960 que Wagner établit le lien entre l'amiante et cette maladie. Son étude portait sur 33 cas de mésothéliomes provenant pour la plupart de la zone de la province du Cap, en Afrique du Sud, où était exploitée une mine de crocidolite : parmi ceux-ci, 28 concernaient des personnes ayant travaillé dans la mine ou ayant vécu à proximité. Ce n’est pas un mystère que l’industrie a tout fait à l’époque pour que ces études ne soient pas diffusées. Mais les industriels du secteur étaient les premiers informés ! Monsieur Vinck veut nous faire croire qu’il n’était pas au courant : il faut en conclure qu’il exerçait donc de façon irresponsable un métier qu’il ne maîtrisait pas; s’il « ne savait pas », qu’il reconnaisse au vu de ce qui précède qu’il aurait dû savoir et qu’il cède tous les émoluments perçus lors de son passage chez Eternit aux familles des victimes.
Au lieu de s’offusquer que la presse révèle ce qu’il aurait bien voulu garder caché, M. Vinck ferait mieux de reconnaître ses torts ; ça le grandirait. Je suis prêt à parier qu’il ne prendra pas le risque de se ridiculiser davantage en déposant plainte contre Knack comme il en émet aujourd’hui l’idée dans un piteux contre-feu. Et félicitons la justice italienne d’avoir reconnu le tort causé aux travailleurs en condamnant les responsables, chose que la justice internationale ne s’est toujours pas résolue à faire à l’égard notamment de Saint-Gobain, malgré le dépôt de plusieurs milliers de plaintes (lire à ce propos : http://www.monde-diplomatique.fr/2000/06/HERMAN/13926.html ). On estime qu’à ce jour, alors que Karel Vinck s’offusque, 500.000 personnes se savent condamnées à mourir à plus ou moins court terme des suites de l’exposition à l’amiante. Ambiance dans les chaumières ! Le plus souvent, dans un dénuement total, puisqu’ils ne reçoivent aucune indemnité d’invalides. Et ce, alors que Saint-Gobain annonce des bénéfices records. Pendant l’agonie, les affaires continuent.
Voir aussi http://andeva.free.fr/
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